Burkina: des leaders de la société civile poursuivis après une "manifestation illégale"

Par AFP

AFRICA RADIO

Des dirigeants de la société civile burkinabè interpellés après une "manifestation illégale" contre l'insécurité au Burkina Faso, seront jugés le 15 décembre au tribunal de Ouagadougou, a-t-on appris mercredi de sources judiciaires.

"Trois dirigeants d'organisations de la société civile, Hervé Ouattara, Mamadou Drabo et Adama Tiendrébeogo, ont comparu ce mercredi en citation directe au tribunal de grande instance de Ouagadougou", a indiqué à l'AFP une source judiciaire. Le dossier a été "renvoyé au 15 décembre pour jugement", le temps de "prendre en compte deux autres inculpés, Marcel Tankouano et Abdoul Karim Bagagnan", concernés par la même procédure, a précisé cette source. Ces cinq responsables sont poursuivis "pour appel et participation à une manifestation illégale, et destruction de biens", a indiqué une autre source judiciaire, précisant que "le tribunal a rejeté une requête de mise en liberté provisoire des prévenus". Le 27 novembre, des incidents ont éclaté à Ouagadougou après la dispersion à coup de gaz lacrymogène de manifestants dénonçant "l'incapacité" du pouvoir à endiguer la violence jihadiste au Burkina Faso, faisant une dizaine de blessés, dont deux journalistes et un enfant. Des manifestants avaient vandalisé une partie de la direction de l'état-civil, après avoir tenté d'incendier le bâtiment de la mairie de Ouagadougou, dont le maire avait interdit les manifestations. Plusieurs manifestants avaient ensuite été interpellés, dont des responsables de la Coalition du 27 novembre, à l'origine des manifestations. Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l'est du pays. L'attaque le 14 novembre d'un détachement de gendarmerie à Inata (nord), une des plus meurtrières contre les forces de sécurité, a profondément choqué: au moins 57 personnes, dont 53 gendarmes, ont été tuées par des jihadistes armés.