Centrafrique: l'opposition revient dans les préparatifs du dialogue national

AFRICA RADIO

3 février 2022 à 15h21 par AFP

La principale plateforme de l'opposition non-armée en Centrafrique a annoncé jeudi qu'elle revenait dans le comité chargé de préparer un "dialogue républicain" promis il y a plus d'un an par le président Faustin Archange Touadéra au lendemain d'une réélection contestée.

Ce retour dans les préparatifs d'un forum de "réconciliation" pour lequel aucun calendrier n'est encore fixé a été rendu possible par l'abandon des poursuites judiciaires contre trois députés de l'opposition. Se félicitant de la fin d'une "cabale politique et non d'une véritable procédure judiciaire (...) l'opposition démocratique composée de la COD-2020, du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et du PATRIE (Parti africain pour une transformation radicale et l'intégration des Etats) a décidé du retour de ses représentants au Comité d'Organisation du Dialogue Républicain", annonce jeudi un communiqué signé par les présidents des trois mouvements. M. Touadéra avait été réélu le 27 décembre 2020 avec 53,16% des suffrages mais seul un électeur inscrit sur deux avait eu la possibilité de se rendre aux urnes dans un pays en guerre civile depuis 2013 et dont deux tiers du territoire étaient alors aux mains de groupes armés rebelles ou simplement prédateurs de ses ressources. Puis une coalition de rebelles avaient lancé une vaste offensive à la veille du scrutin. Depuis lors, Bangui a repris le contrôle de la grande majorité du pays grâce à une offensive fulgurante de ses soldats mais surtout de centaines de paramilitaires russes qui les épaulent, des "mercenaires" du groupe russe de sécurité privé Wagner selon l'ONU. M. Touadéra avait alors promis à l'opposition non-armée un "Dialogue républicain", promesse qu'il avait confirmée en juin 2021 "dans un bref délai", et installé en septembre un Comité du Dialogue Républicain. Mais la Coalition de l'Opposition Démocratique 2020 (COD-2020) et deux autres mouvements, représentant l'essentiel de l'opposition non-armée, avait quitté le Comité le 30 octobre parce que la présidence réclamait la levée de l'immunité parlementaire de trois députés, dont Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, deuxième et troisième du scrutin présidentiel, poursuivis pour des liens présumés avec la rébellion. Lundi, le ministre de la Justice a informé l'opposition que le procureur de la République de Bangui avait annoncé qu'"aucune charge n'a été retenue contre" les trois députés et que "la demande de levée de leur immunité était sans objet".