Centrafrique: une dizaine de morts après des pluies diluviennes

AFRICA RADIO

25 juillet 2022 à 18h06 par AFP

Une dizaine de personnes ont été tuées lors des pluies diluviennes qui ont frappé la semaine dernière la Centrafrique, deuxième pays le moins développé au monde, a déclaré lundi à l'AFP le président de la Croix-Rouge locale.

"Nous sommes surpris des dégâts causés par cette pluie diluvienne, c'est la première fois que nous avons un tel bilan" meurtrier, a assuré Antoine Mbao Bogo, précisant que, selon un bilan encore provisoire, neuf personnes ont été tuées à Bouchia, dans le sud du pays, trois à Bria, dans l'est, et une dans la capitale Bangui. La Centrafrique, dont 71% des 4,6 millions d'habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour) et plus de la moitié ont besoin d'aide humanitaire, selon la Banque mondiale, est régulièrement touchée par des inondations. En 2019, au moins 28.000 personnes se sont retrouvées sans abri dans ce pays extrêmement pauvre d'Afrique centrale à cause d'inondations inédites. En cause, des pluies exceptionnelles et incessantes combinées à la crue décennale de l'Oubangui et de ses affluents. Bangui a été particulièrement touchée par les inondations la semaine dernière et plus de "1.300 ménages se retrouvent sans abri", a déclaré à l'AFP Virginie Baïkoua, ministre de l'Action humanitaire. "Avec la cellule de crise mise en place par le gouvernement, on va identifier les différents problèmes, on va faire une cartographie des ouvrages - tels que les ponts, canalisations, curages - et des quartiers les plus souvent touchés pour que la population ne connaisse plus ces catastrophes", a-t-elle poursuivi. "J'ai tout perdu, je ne sais même pas où aller avec mes enfants", a raconté à l'AFP Safiatou Ngbedi, une habitante du 6e arrondissement de Bangui, sortie de sa maison juste avant qu'elle ne s'écroule. "On n'utilise que l'eau du puits et juste à côté nos toilettes ont aussi débordé, on imagine que l'eau des latrines est mélangée avec celle du puit", s'est inquiété Josue Djazoundou, vendeur d'essence dans un quartier de la capitale, dont la maison s'est aussi effondrée. "Je prie seulement pour que les enfants ne tombent pas malade", a-t-il dit.