Congo: délicates concertations avant les législatives de juillet

AFRICA RADIO

3 mars 2022 à 15h06 par AFP

Les partis politiques congolais, à l'exception d'une partie de l'opposition qui crie à la "diversion", ont entamé jeudi de délicates concertations en vue des élections législatives et locales de juillet prochain.

Au moins 250 délégués sont réunis jusqu'à samedi à Owando, à plus de 500 km au nord de Brazzaville, pour débattre, entre autres, de la mise à jour du fichier et du découpage électoral, toujours remis en cause par l'opposition, a-t-on appris auprès de participants. "Le perfectionnement du système électoral, critère déterminant de la qualité de toute vie démocratique, demeure un chantier en perpétuelle mutation", a déclaré dans son discours d'ouverture le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, ajoutant que "la perfection n'est pas de ce monde". Le plafonnement du financement des campagnes et le renforcement de l'indépendance de la Commission électorale, jugée trop partisane par l'opposition, figurent également à l'ordre du jour. Les discussions tournent enfin autour de la nécessité d'organiser les élections législatives et locales dans tout le pays, singulièrement dans le Pool (sud). Certaines circonscriptions de cette province voisine de Brazzaville n'avaient pu voter en 2017 à cause d'une crise ayant opposé l'armée et les ex-combattants ninjas de l'ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi. Ce dernier avait vivement contesté en 2016 la réélection du président Denis Sassou Nguesso. Celui-ci, 78 ans dont 37 cumulés au pouvoir, a de nouveau remporté la dernière présidentielle, en mars 2021, avec plus de 88% des voix. A Owando, le Pasteur Ntumi a dépêché un responsable de son parti, le Conseil national des républicains (CNR). Le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) est fortement représenté. Pascal Tsaty Mabiala, chef de file l'opposition, prend part à la concertation. Mais le Collectif et la Fédération de l'opposition, représentant l'opposition extra-parlementaire, boycottent la rencontre, dénonçant une "diversion". L'Assemblée nationale sortante compte 151 députés dont 92 du seul PCT. La date exacte des élections de juillet reste à déterminer.