Droits humains en Guinée équatoriale: le gouvernement rejette les accusations d'Amnesty

AFRICA RADIO

20 août 2022 à 17h36 par AFP

Le vice-président de la Guinée équatoriale Teodoro Nguema Obiang Mangue a estimé samedi, dans un message sur Twitter, que les accusations d'Amnesty International de violations des droits humains visant son pays "manquent de fondement et de crédibilité".

Jeudi, dans son dernier rapport sur la lutte contre les gangs en Guinée équatoriale, l'ONG de défense des droits humains a dénoncé la politique gouvernementale de lutte contre ces gangs, qui selon elle "met à mal les droits humains" avec des détentions arbitraires, des tortures et des disparitions forcées. "La Guinée équatoriale ignore totalement les déclarations d'Amnesty International sur les droits de l'homme car elles manquent de fondement et de crédibilité", a déclaré M. Obiang, vice-président et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. L'"Opération nettoyage" - "Operación limpieza" en espagnol, la langue nationale - a été lancée début mai, en déployant près de 800 policiers, après une énième attaque massive des Huit machettes, le gang le plus redouté qui a essaimé en quelques années de la capitale Malabo à quasiment toutes les villes du pays. Les cibles privilégiées de ces bandes sont les femmes, dont certaines sont violées en plus d'être dépouillées de leurs biens. "Sous couvert de lutte contre la criminalité, les autorités arrêtent et détiennent de façon arbitraire des jeunes, dont un grand nombre sont torturés, maltraités ou perdent la vie, ou sont soumis à une disparition forcée", avait déclaré Marta Colomer, responsable des campagnes pour l'Afrique centrale et de l'ouest à Amnesty. Le président Obiang, 80 ans, dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis plus de 43 ans, ce qui en fait le dirigeant encore en vie à la plus grande longévité au pouvoir dans le monde, hors monarchies. Son fils, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a lancé le 9 mai cette opération pour "nettoyer" les rues du pays et montrer le "droit chemin" aux jeunes délinquants. Les autorités ont instauré un couvre-feu de 22h00 à 6h00 dans le cadre de cette opération. Amnesty International a estimé qu'en l'espace de trois mois, plusieurs milliers de jeunes hommes ont été arrêtés à travers le pays. "Les autorités de la Guinée équatoriale doivent de toute urgence donner des informations transparentes sur les cas de mort en détention, de torture et d'autres mauvais traitements" et "veiller à ce que les délinquants présumés soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables", selon l'ONG, pour qui "il est tout à fait possible de faire face à la criminalité en respectant les droits humains". En Guinée équatoriale, riche en gaz et pétrole, la grande majorité des 1,3 million d'habitants vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.