Egypte: la justice ordonne la libération de huit détenus politiques

AFRICA RADIO

13 juin 2022 à 16h06 par AFP

La justice égyptienne a ordonné la libération de huit prisonniers politiques en détention préventive, a déclaré lundi un avocat membre de la commission des grâces présidentielles.

Maître Tarek El-Awadi a annoncé sur Twitter la décision du parquet de la Haute Cour de sûreté de l'Etat de "libérer huit prisonniers en détention préventive", dont le monteur de cinéma Moataz Abdelwahab. M. Abdelwahab, 45 ans, producteur et monteur de films et de documentaires avait été arrêté en mai 2020 pour diffusion de "fausses informations" et "terrorisme". Ce collaborateur de nombreuses chaînes égyptiennes et internationales, dont la chaîne qatarie Al Jazeera, a fondé en 2010 sa propre société de production, Team One, qui compte à son actif plus de 20 documentaires diffusés sur différentes chaînes du monde arabe. Fin avril, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a réactivé le comité des grâces présidentielles, en sommeil depuis des années, suscitant des espoirs concernant la libération des prisonniers d'opinion. Dans la foulée, M. Sissi avait gracié 3.273 condamnés --pour leur écrasante majorité des détenus de droit commun mais incluant le célèbre opposant Hossam Moniss-- et, début mai, trois journalistes sont sortis de prison dans un pays à la 168e place sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, M. Sissi est accusé par les défenseurs des droits humains d'avoir progressivement muselé la population. L'Egypte compte plus de 60.000 détenus d'opinion, dont "des militants pacifiques, des défenseurs des droits humains, des avocats, des universitaires et des journalistes détenus uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association", selon Amnesty International. "Les promesses précédentes de libération de prisonniers politiques ont surtout servi à détourner l'attention de la communauté internationale concernant le bilan de l'Egypte en matière de respect des droits humains", dénonçait encore l'ONG dans un communiqué fin mai.