France: au procès de l'assassinat de la milliardaire monégasque, son gendre se dit "pas coupable"

Par AFP

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"Je ne suis pas coupable, je n'ai rien fait et il n'y a pas de témoin": l'ancien consul de Pologne à Monaco, Wojciech Janowski, s'est défendu jeudi, devant la justice française, d'être le commanditaire de l'assassinat de sa belle-mère, la milliardaire Hélène Pastor.

Jugé en appel à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, Wojcieh Janowski avait été condamné en 2018 à la perpétuité en première instance pour l'assassinat le 6 mai 2014 à Nice, sur la Côte d'Azur, d'Hélène Pastor et de son majordome égyptien. Confronté à ses aveux passés en garde à vue, il les a justifiés par son souci de mettre un terme à la garde à vue de son ex-compagne Sylvia Ratkowski, fille d'Hélène Pastor. La cour d'assises d'appel a procédé au visionnage de quelques extraits de l'enregistrement de la garde à vue de l'accusé, en juin 2014. Sur les écrans, l'homme aux cheveux bruns, en chemise bleu ciel et blazer n'a plus rien à voir avec l'accusé, en survêtement gris dont la chevelure a totalement blanchi. Sur l'enregistrement, on entend une policière questionner: "Avez-vous commandité cet assassinat oui ou non ?". Une longue minute de silence s'écoule. Wojciech Janowski s'éponge le front: "C'est oui Madame". L'ancien consul ne parle plus d'aveux arrachés comme il l'avait fait au début de l'affaire. Il explique avoir avoué pour sauver son épouse. "Sylvia était prise en otage. Elle était malade et on me disait qu'elle ne sortirait pas tant que je ne changerais pas de version. J'ai commis un suicide, je me suis tué pour sauver ma femme", lâche-t-il. Une version démentie par l'intéressée, Sylvia Ratkowski, qui assure qu'à l'époque, "monsieur Janowski m'a dit en pleurant qu'il avait tué ma mère pour me sauver" mais il "ment en disant qu'il a avoué pour que je sorte de garde à vue, car j'étais déjà sortie et il le savait très bien". Wojciech Janowski accuse Pascal Dauriac, son coach sportif, d'avoir organisé le double assassinat. En garde à vue, il déclarait: "J'ai demandé à Dauriac de résoudre mon problème, et mon problème c'était ma belle-mère". Mais, a-t-il clamé à l'audience, "le commanditaire c'est Gildo Pallanca et la personne qui a exécuté la commande c'est Pascal Dauriac". Colère sur le banc des parties civiles: "Vous n'êtes pas honteux de dire que Gildo Pallanca Pastor pourrait être le commanditaire du meurtre de sa mère?", gronde Me Gérard Baudoux. L'avocat pointe l'accusé: "Vous êtes méprisable". Interrogé plus tôt sur son rôle d'organisateur du double assassinat, Pascal Dauriac a confirmé que Wojceich Janowski lui avait confié une enveloppe de 140.000 euros pour "liquider sa belle-mère". L'ancien coach a décrit aux jurés un minutieux conditionnement: voyages offerts, cadeaux, promesses d'une vie meilleure. "J'ai adhéré au projet criminel, à ce truc irrationnel, poursuit-il. Depuis, je décortique chaque instant de ma vie pour comprendre".