Kenya: 4 morts lors d'affrontements avec la police dans le sud du pays

AFRICA RADIO

3 juin 2022 à 13h21 par AFP

Quatre personnes ont été tuées et cinq blessées jeudi dans le sud du Kenya lors d'affrontements entre des policiers et des manifestants qui protestaient contre l'augmentation des attaques d'animaux sauvages, a annoncé vendredi le gouverneur local.

La police a ouvert le feu sur des manifestants dans la ville de Masimba, à 170 kilomètres au sud-est de la capitale Nairobi, qui s'indignaient du récent décès d'un enseignant, tué par un éléphant. Ils ont brûlé des pneus et bloqué la route très fréquentée reliant Nairobi à la ville portuaire de Mombasa. "Deux des victimes des coups de feu sont dans un état critique", a précisé vendredi dans un communiqué le gouverneur du comté de Kajiado, Joseph Ole Lenku. La veille, cet ancien ministre de l'Intérieur avait qualifié les morts de "malheureuses". "Ces décès auraient pu être évités avec un peu plus de compréhension envers les communautés locales frustrées par la perte de vies humaines au profit de la faune", avait-il estimé. Les cas de conflit entre humains et animaux ont augmenté ces dernières années au Kenya, les animaux sauvages voyant leurs zones d'habitat réduites par une urbanisation croissante. L'Autorité indépendante de surveillance de la police (IPOA), organisme chargé d'enquêter sur les abus policiers, a annoncé ouvrir une enquête, indiquant avoir dépêché une équipe pour interroger les survivants et obtenir des rapports balistiques. "A l'issue des investigations, si une faute est constatée, l'autorité fera des recommandations" pouvant aller jusqu'à des poursuites, a déclaré M. Lenku. L'IPOA a été créé en 2011 par le parlement kényan pour assurer un contrôle civil de la police, puissante institution réputée parmi les plus corrompues du pays. Si l'organisme a examiné plus de 6.000 cas d'abus policiers, selon des données couvrant la période allant de sa création à juin 2020, seule une poignée de policiers ont été condamnés à la suite de ces enquêtes. Les activistes accusent la police de faire échouer les enquêtes en refusant de coopérer.