Le putsch au Soudan "remet en cause" l'annulation de sa dette, selon Paris

Par AFP

AFRICA RADIO

Le coup d'Etat militaire au Soudan "remet en cause" le processus du club de Paris, qui permet aux pays riches d'annuler leur dette respective vis-à-vis du pays africain, a estimé vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Un accord "a été trouvé le 15 juillet" dans le cadre du Club de Paris, "chaque créancier devant désormais signer un accord bilatéral avec le Soudan", a rappelé le Quai d'Orsay. "Il est évident que le coup de force militaire du 25 octobre remet en cause ce processus", a estimé le ministère dans un communiqué, cinq mois après la décision de Paris d'effacer l'ardoise du Soudan qui s'élève à près de 5 milliards de dollars. Exsangue, le Soudan ploie sous une dette de près de 60 milliards de dollars, détenue à près de 40% par le Club de Paris. Pour pouvoir prétendre à un effacement de dette, dans le cadre de l'Initiative sur la dette des "Pays pauvres très endettés" (PPTE), Khartoum devait remplir deux conditions: apurer ses arriérés auprès des institutions multilatérales (Fonds monétaire international, Banque mondiale, Banque africaine de développement), et mettre en oeuvre des "réformes économiques montrant le sérieux et la rigueur des autorités". En juillet, une vingtaine de pays créanciers du Soudan s'étaient engagés à annuler 14,1 milliards de dollars de créances sur les 23,5 qu'ils détenaient à l'encontre du Soudan, avait alors déclaré Emmanuel Moulin, le président du Club de Paris. A terme, la partie rééchelonnée pouvait aussi être largement annulée, avait-il ajouté. Le processus avait été engagé en mai lors d'une conférence à Paris lors de laquelle le président français, Emmanuel Macron, avait déjà annoncé que la France annulerait sa part de la dette soudanaise, soit près de cinq milliards de dollars. Plusieurs pays, dont la France, avaient aussi promis des aides, sous forme de prêts, pour aider Khartoum à solder sa dette auprès d'institutions comme la Banque mondiale. "La France a soutenu le processus de transition démocratique au Soudan depuis le début en 2019. Dans ce cadre, elle a été un partenaire indéfectible de ce pays, dans tous les domaines de coopération", rappelle à cet égard le communiqué. "Le processus d'annulation de la dette soudanaise en faisait partie".