Mozambique: le président appelle à une reprise des grands projets de gaz naturel

AFRICA RADIO

14 septembre 2022 à 12h06 par AFP

Le président mozambicain a estimé mercredi "pertinent" de prévoir une reprise de l'activité sur les futurs sites de production de gaz naturel dans le nord-est du pays en proie depuis près de cinq ans à des violences jihadistes.

Les attaques par des groupes armés dans la province pauvre mais riche en gaz du Cabo Delgado, à majorité musulmane, ont fait près de 4.000 morts depuis octobre 2017, selon l'ONG Acled qui collecte des données dans les zones de conflit. Les violences ont aussi provoqué la fuite de 820.000 personnes. Une attaque d'ampleur en 2021 dans la ville côtière de Palma avait contraint le géant français TotalEnergies à suspendre son projet pesant 16,5 milliards d'euros. "Nous considérons pertinent d'envisager la possibilité de reprendre le développement des travaux de construction", a déclaré le président Filipe Nyusi lors d'un sommet sur le gaz et l'énergie dans la capitale Maputo, assurant que la situation sécuritaire est désormais "plus stable". Le chef d'Etat a notamment mentionné les sites abritant le projet de TotalEnergies et ceux du bassin de Rovuma où un projet à l'arrêt est dirigé par l'Américain ExxonMobil; et un autre conduit par l'Italien Eni qui a maintenu son objectif de production à partir de ce semestre. "Nous aurons des réunions plus spécifiques avec les opérateurs, pour discuter des autres mesures de soutien nécessaires au maintien de la sécurité", a ajouté M. Nyusi. Contactée par l'AFP, TotalEnergies a affirmé que sa position restait inchangée à ce stade: "le chantier reprendra une fois les conditions de sécurité et de sûreté rétablies durablement dans la région". Après l'attaque de Palma, les violences ont connu une relative accalmie mais des attaques sporadiques se poursuivent, touchant également des provinces voisines du Cabo Delgado. La semaine dernière, une religieuse italienne a été tuée dans une attaque contre une mission catholique. "Nos forces de défense et de sécurité sont en train de stabiliser la situation dans tous les districts touchés, avec le retour de la population, a assuré Filipe Nyusi, ajoutant que près de 10.000 personnes sont de retour à Palma, transformée en ville fantôme après l'attaque. Plus de 3.100 soldats de plusieurs pays africains ont été déployés depuis plus d'un an dans la région en soutien à l'armée mozambicaine.