Neuf millions de Sud-Soudanais vont avoir besoin d'aide internationale

AFRICA RADIO

14 avril 2022 à 15h36 par AFP

Le chef de la mission de l'ONU au Soudan du Sud a estimé jeudi que près de neuf millions d'habitants sur un total de plus de 11 millions, vont avoir besoin d'une aide internationale cette année en raison d'une crise alimentaire et d'un regain de violences entre factions armées rivales.

"Cette année (...) près de neuf millions de personnes, dont 4,6 millions d'enfants, vont avoir besoin d'aide pour survivre", a déclaré le responsable de l'Unmiss, Nicholas Haysom, en exhortant la communauté internationale à acheminer davantage d'aide. "L'insécurité alimentaire va se propager. Et c'est inquiétant en raison du changement climatique, des conflits et des déplacements" de population, a-t-il ajouté devant la presse à Juba, la capitale. Le chef de la mission de l'ONU s'est ainsi dit "découragé par la résurgence de la violence régionale", soulignant la détresse de milliers de personnes chassées de chez elles par des combats la semaine dernière dans une partie de l'Etat de l'Unité, dans le nord du pays. Des combats ont éclaté vendredi dernier entre des forces armées loyales au président Salva Kiir et d'autres fidèles à son vice-président Riek Machar. Ces heurts ont fait fuir près de 14.000 civils, selon les autorités locales. L'ONU s'est également inquiétée d'informations faisant état de violences sexuelles, de pillages et de destructions de biens privés. Ce regain de violence, selon M. Haysom, augmente le nombre de personnes ayant besoin d'aide, sans compter le risque d'inondations dans de nombreuses régions au cours des prochains mois. "Des fonds continus et suffisants sont urgemment requis pour faire cesser le pire de ce qui est en train de se passer", a-t-il dit. Ces affrontements dans le comté de Leer sont intervenus moins d'une semaine après que les deux dirigeants, anciens ennemis, se sont entendus pour oeuvrer à maintenir la paix et instaurer un commandement unifié des forces armées, l'une des nombreuses modalités non appliquées de l'accord de paix qu'ils ont signé en 2018 pour mettre fin à cinq ans d'une guerre civile meurtrière. Fief de Riek Machar, la région de Leer a auparavant été régulièrement ravagée par les combats entre forces pro-Kiir et pro-Machar. Elle a été un des épicentres de la crise humanitaire causée par les cinq ans de guerre civile, qui ont fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés. L'état de famine y avait été déclaré entre février et juin 2017.