Afrique du Sud: l'arrestation de Zuma reste possible, selon la police

7 juillet 2021 à 10h33 par AFP

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L'arrestation de Jacob Zuma, condamné à 15 mois de prison ferme, reste possible, a affirmé mercredi dans un volte-face la police sud-africaine, qui avait auparavant déclaré qu'elle n'exécuterait pas le mandat d'arrêt contre l'ex président avant le réexamen de son jugement.


"Si nous n'avons pas de nouvelles de la Cour constitutionnelle, ce qui est le cas pour l'instant, nous avons jusqu'à minuit ce soir pour exécuter l'ordre", a déclaré à l'AFP le ministère de la Police mardi matin, précisant avoir demandé à la Justice des "éclaircissements" sur la conduite à tenir.Plus tôt, le ministre de la Police, Bheki Cele, a affirmé à plusieurs médias qu'il n'était "pas prêt à affronter des accusations d'outrage à la justice" pour ne pas avoir exécuté l'ordre. Ces derniers jours, la police avait pourtant implicitement renoncé à arrêter M. Zuma. Dans un courrier adressé lundi à la Cour constitutionnelle, plus haute juridicition du pays, elle avait annoncé qu'elle n'interviendrait pas avant l'aboutissement des recours engagés par l'ancien président pour faire réexaminer sa condamnation.La Cour constitutionnelle a condamné la semaine dernière Jacob Zuma à 15 mois de prison ferme pour outrage, après des refus répétés de témoigner dans le cadre d'enquêtes sur la corruption d'Etat. Il avait jusqu'à dimanche soir pour se rendre, sinon la police avait reçu ordre de l'arrêter dans les trois jours.Mais l'homme politique, charismatique et procédurier, a obtenu que la Cour réexamine sa sentence lors d'une nouvelle audience prévue lundi prochain. Entre-temps, il a réclamé que son arrestation soit suspendue: la décision doit être rendue vendredi par le tribunal de Pietermaritzburg (Est).M. Zuma est accusé d'avoir pillé les ressources publiques pendant ses neuf années au pouvoir (2009-2018). Depuis la création en 2018 d'une commission d'enquête sur la corruption d'Etat, M. Zuma, mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manoeuvres pour éviter de témoigner. Englué dans les scandales, Jacob Zuma avait été poussé à la démission en 2018.