Arrêté pour corruption, le fils de l'ex-président du Mozambique reste en prison

Par AFP

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Un tribunal mozambicain a ordonné lundi le maintien en détention du fils de l'ex-président Armando Guebuza, arrêté samedi dans l'enquête sur le scandale de corruption dit de la "dette cachée" qui agite le pays depuis plus de deux ans.

Lors d'une audience à huis clos, un juge de la capitale Maputo a estimé que Ndambi Guebuza, un homme d'affaires, devait rester derrière les barreaux jusqu'à son procès, a déclaré à la presse son avocat, Alexandre Chivale.Le fils de l'ancien chef de l'Etat figure parmi les huit personnes arrêtées la semaine dernière sur ordre du parquet général du Mozambique.L'assistante personnelle de l'ancien chef de l'Etat et l'ex-patron des services de renseignement du pays ont également été interpellés lors de cette vague d'arrestations.La justice leur reproche d'avoir participé au détournement d'une partie de 2 milliards de dollars de prêts, dissimulés au Parlement mozambicain et aux bailleurs internationaux, et accordés à partir de 2012 à trois entreprises publiques pour l'achat de bateaux militaires et de pêche.Ces sommes, estimées à au moins 500 millions dans un audit indépendant, ont servi à payer des pots-de-vins à des banquiers, des hommes d'affaires et des personnalités politiques au sommet de l'Etat mozambicain.Révélée en 2016, cette affaire a plongé le Mozambique dans une grave crise financière.Outre la justice mozambicaine, la justice américaine a également ouvert une enquête sur cette affaire.Sur sa requête, l'ex-ministre des Finances Manuel Chang a été arrêté fin décembre en Afrique du Sud et risque une extradition vers les Etats-Unis.Selon l'acte d'accusation américain, Ndambi Guebuza aurait pour sa part reçu 9,7 millions de dollars de pots-de-vins.Devant le tribunal lundi, il a dénoncé une arrestation politique. "L'objectif est de sacrifier la famille Guebuza à cause des élections", a-t-il déclaré cité par son avocat.Des élections générales sont prévues le 15 octobre prochain.L'opposition accuse l'ancien président Guebuza (2005-2015) et son successeur Filipe Nyusi, ministre de la Défense à l'époque des faits et candidat à un nouveau mandat à la tête du pays, d'être directement impliqués dans le dossier.Le parti au pouvoir, le Frelimo, "était déjà en mauvaise posture et l'arrestation de personnalités qui paraissaient auparavant intouchables peut (...) avoir de sérieuses conséquences électorales", a déclaré à l'AFP Domingos de Roserio, professeur à l'université Eduardo Mondlane de Maputo.Le Frelimo dirige le Mozambique depuis son indépendance du Portugal en 1975.