Asile à un fils de Kadhafi: Tripoli demande au Niger de revoir sa décision

14 novembre 2011 à 18h02 par La rédaction

TRIPOLI (AFP) - (AFP)

Les autorités libyennes ont appelé lundi le Niger à revoir sa "décision hostile" d'accorder l'asile à Saadi, l'un des fils de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi.

"Le Niger ne doit pas devenir un asile pour les criminels.Nous demandons au Niger de revoir cette décision injustifiée", a déclaré le vice-président du Conseil national de transition (CNT) et porte-parole des nouvelles autorités, Abdel Hafidh Ghoga.

Saadi Kadhafi est recherché par les nouvelles autorités libyennes qui l'accusent de "s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football", selon Interpol qui avait émis une "notice rouge" pour demander à ses 188 pays membres son arrestation.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait annoncé le 11 novembre que son pays avait accordé l'asile pour des "raisons humanitaires" à Saadi Kadhafi.

"Si le Niger abritera des criminels recherchés par la justice, cette décision hostile et injustifiée aura des incidences sur nos relations", a prévenu M. Ghoga.

Saadi Kadhafi, 38 ans, s'est réfugié au Niger en août lors de la chute de Tripoli qui a mis fin aux quarante-deux ans du régime autoritaire de son père.

Footballeur, il avait tenté une carrière professionnelle en Italie, avant de diriger une unité d'élite de l'armée libyenne.

Le Premier ministre nigérien Brigi Rafini avait déclaré en septembre qu'il n'était "pas question" d'extrader Saadi, au moins jusqu'à ce qu'il puisse être assuré d'un procès équitable en Libye.

Quant à son frère qui est recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes contre l'humanité commis lors de la répression contre la rébellion, M. Issoufou a assuré que "Seif al-Islam n'est pas au Niger".

"Je devrais considérer ce qu'il convient de faire s'il vient", a-t-il dit.

Selon M. Ghoga, les déclarations du président nigérien au sujet de Seif al-Islam et Saadi Kadhafi, étaient "une provocation pour les Libyens".