Attentats au Nigeria: un proche de Babangida interrogé par les enquêteurs

5 octobre 2010 à 14h57 par La rédaction

ABUJA (Nigeria) (AFP)

Les services de renseignement nigérians ont interrogé un proche de l'ancien dirigeant militaire Ibrahim Babangida, dans le cadre de l'enquête sur le double attentat à la voiture piégée qui a fait 12 morts le 1er octobre à Abuja.

Raymond Dokpesi, directeur de campagne de l'ex-chef d'Etat en vue de la présidentielle de 2011, a été convoqué lundi à Abuja par le service de sécurité d'Etat (SSS), a indiqué mardi le porte-parole de M. Babangida, Kassim Afegbua, en dénonçant une "chasse aux sorcières".

"Il a été relâché hier" lundi et devait se présenter à nouveau mardi devant les enquêteurs, a expliqué le porte-parole, selon qui "ils ont dit qu'il était question de complicité dans l'attaque à la bombe du 1er octobre".

Plusieurs journaux nigérians rapportaient mardi que des textos découverts dans le téléphone de l'un des neuf suspects actuellement détenus avaient conduit à la convocation de M. Dokpesi, qui possède une chaîne de télévision et une radio.

L'un des messages demandait si M. Dokpesi avait versé "le solde" et un autre concernait l'organisation d'un rendez-vous au QG de campagne de M. Babangida, selon la presse.

En vue de la présidentielle prévue début 2011, Ibrahim Babangida - musulman du nord qui a dirigé le Nigeria de 1985 à 1993 - brigue la candidature du Parti démocratique du peuple (PDP, au pouvoir), face notamment au président sortant Goodluck Jonathan, chrétien originaire du sud.

La candidature de M. Jonathan pose problème pour certains dirigeants du PDP, car d'après une règle non-écrite d'alternance du pouvoir tous les deux mandats, le prochain président devrait être un musulman du nord.

La porte-parole du SSS, Marilyn Ogar, a refusé de donner des précisions sur la convocation de M. Dokpesi, indiquant simplement qu'il ne faisait pas partie des neuf suspects arrêtés depuis l'attaque.

Le double attentat d'Abuja a été revendiqué par principal groupe rebelle du pays, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend).

Selon les services de renseignements, les neuf suspects arrêtés ont un "lien direct avec Henry Okah", l'ex-dirigeant du Mend, "mais pas avec le Mend".Henry Okah est détenu depuis le 2 octobre en Afrique du sud où il possède un domicile.

Mme Ogar, a également fait état de liens entre les suspects et "des éléments éminents et sans scrupules de la société".

Le chef de l'Etat a lui accusé dimanche "un groupuscule terroriste" et douté que les auteurs puissent être nigérians."C'est un petit groupe terroriste qui réside hors du Nigeria qui a été payé par des gens" pour commettre les attentats, selon lui.

Le Mend, implanté dans la région pétrolifère du delta du Niger (sud), affirme se battre au nom d'une plus juste répartition de l'énorme manne pétrolière, en faveur des populations locales qui vivent dans la pauvreté.

Le Mend avait renoncé à la violence il y a un an après un accord d'amnistie avec le gouvernement fédéral de l'ancien président Umaru Yar'Adua, décédé le 5 mai.Plus de 20.000 combattants avaient alors déposé les armes.

Mardi, la présidence s'est dite déterminée à achever le programme de réinsertion des ex-rebelles avant les élections de 2011.