Bénin: le président de l'Assemblée nationale convoqué à la brigade criminelle

12 mars 2019 à 15h47 par AFP

AFRICA RADIO

Le président de l'Assemblée nationale du Bénin, Adrien Houngbédji, était convoqué mardi à la brigade criminelle de Cotonou sur instruction du procureur de la République, mais il ne s'y est pas rendu, a-t-on appris de sources concordantes.

Le président du Parlement béninois et chef du Parti du renouveau démocratique (PRD) avait été convoqué "pour affaire le concernant", en même temps que le vice-président du parti, Charlemagne Honfo. Mais lors d'une conférence de presse lundi soir à son domicile de Cotonou, il avait affirmé ne pas en connaitre les raisons.Seul M. Honfo s'est rendu dans les locaux de la brigade criminelle, pour une audition qui a duré environ deux heures, a constaté l'AFP.Adrien Houngbédji bénéficie d'une immunité parlementaire qui le protège en théorie de toute interpellation ou arrestation."Ils ont été convoqué pour répondre d'irrégularités notées dans les dossiers de certains candidats de leur parti" aux législatives d'avril, a confié une source judiciaire à plusieurs journalistes.La semaine dernière, le PRD avait vu son dossier de candidature pour les législatives rejeté par la Commission électorale nationale autonome (Cena). Il a notamment été accusé d'avoir falsifié des documents versés au dossier.Mais la convocation du président de l'Assemblée nationale pourrait avoir d'autres motivations, selon certaines sources.La Cena n'a validé pour les législatives que les listes de deux partis - le Bloc républicain (BR) et l'Union progressiste (UP) - soutenant officiellement le président Patrice Talon. Une décision qui a déclenché un tollé au Bénin, alors que celui-ci est accusé depuis des mois de mener une chasse aux sorcières politique contre ses détracteurs.Or, lundi, au cours d'une audition à la Cour constitutionnelle dans le cadre du contentieux électoral, l'avocat du PRD Yves Edgar Monnou, avait accusé la Cena de favoritisme et "présenté des documents secrets qui compromettent les deux listes de Talon" en lice pour les législatives, pointant des irrégularités dans leurs dossiers, a confié sous couvert d'anonymat à l'AFP une source au sein la Cour.Le Bénin traverse depuis plusieurs semaines une crise politique due au rejet des listes de candidature des partis d'opposition aux élections législatives du 28 avril prochain qui permettront d'élire les 83 députés du nouveau Parlement.Des milliers de personnes ont manifesté lundi à Cotonou à l'appel des principaux partis d'opposition pour "défendre la démocratie" et dénoncer la politique du président Talon, accusé d'autoritarisme dans le petit pays d'Afrique de l'Ouest.