Biens mal acquis: une ONG veut une enquête sur le financement d'un prix Obiang

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

L'ONG Transparency International France a demandé lundi que l'enquête sur les biens mal acquis soit étendue aux conditions de financement d'un prix de l'Unesco portant le nom du président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, dont la remise est suspendue depuis 2010.

Dans un courrier, l'avocat de l'ONG, Me William Bourdon demande aux juges d'instruction chargés de l'enquête sur le patrimoine de chefs d'Etat africains en France ("biens mal acquis") de solliciter auprès du parquet de Paris un élargissement de leur saisine au financement de ce prix Obiang.

Ce prix d'une valeur de trois millions de dollars a été créé en 2008 et il est destiné à "récompenser la recherche en sciences de la vie".

Mais face aux polémiques, sa remise est suspendue depuis 2010, le conseil exécutif, composé de 58 Etats membres de l'Unesco, ayant jugé qu'il était sage de procéder ainsi dans l'attente d'un consensus au sein de l'organisation.Une nouvelle réunion du conseil est prévue dans les prochains jours à ce sujet.

Dans son courrier, TI France fait part de son "inquiétude résultant des informations pour le moins confuses voire contradictoires quant aux sources et aux modalités de financement du prix", une inquiétude également relayée par l'association Sherpa.

Dans un document du conseil exécutif de l'Unesco du 29 septembre 2008 consulté par l'AFP, il est prévu que "le donateur - la fondation Obiang Nguema Mbasogo pour la préservation de la vie - verse 3 millions de dollars sur un compte spécial de l'Unesco".

Mais dans ce même document, il est proposé que le conseil exécutif exprime "sa profonde gratitude au gouvernement de la République de Guinée Equatoriale pour cette initiative et pour son offre généreuse".

Le patrimoine de la famille Obiang est visée par l'enquête sur les biens mal acquis et une perquisition a récemment eu lieu, pendant 10 jours, dans la demeure parisienne du fils du président équato-guinéen, la justice saisissant 200 m3 de biens.

Sont également visés par les juges français, les entourages du Gabonais Omar Bongo (décédé) et du Congolais Denis Sassou Nguesso.