Centrafrique: le président promet des mesures de sécurité "exceptionnelles"

20 novembre 2013 à 14h21 par La rédaction


Bangui (AFP)

Le président centrafricain, Michel Djotodia, a promis des "mesures exceptionnelles" pour rétablir la sécurité dans le pays, malgré l'impuissance des forces de l'ordre à juguler une nouvelle vague de violences dont l'ampleur alarme de plus en plus la communauté internationale.

"Des mesures exceptionnelles sont prises pour le rétablissement de la sécurité" dans le pays, a affirmé la présidence dans un communiqué mardi soir, assurant de la "détermination" du président de transition "à traquer tous les criminels, les pillards, les fauteurs de troubles, les auteurs et autres complices de violations des droits humains".La présidence n'a toutefois fourni aucune indication sur la nature de ces mesures.

Cette annonce est intervenue après une nouvelle attaque dans la nuit de lundi à mardi visant un magistrat, grièvement blessé par une grenade lancée contre son domicile à Bangui.

Après une relative accalmie, les violences se sont de nouveau enchaînées depuis début novembre à Bangui, avec des attaques à main armée et des meurtres faisant de plus en penser à des actes de banditisme de droit commun, dans une ville où les armes de guerre prolifèrent.

Ce violences ont culminé le 17 avec l'assassinat d'un haut magistrat, "froidement abattu" par d'anciens rebelles, qui a provoqué des heurts où deux civils ont été tués.

En dehors de la capitale, une partie du pays - essentiellement le Nord-Ouest - est en proie à des affrontements entre chrétiens et musulmans, entre groupes "d'autodéfense" et ex-rebelles, qui continuent de faire subir aux populations harcèlement et pillages.

De nombreux villages ont été vidés de leurs habitants, qui préfèrent désormais se cacher en brousse dans des conditions sanitaires déplorables.

Cette situation, conjuguée à l'impuissance du régime du président Djotodia à rétablir l'ordre, a poussé lundi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à réclamer l'envoi de 6.000 Casques bleus en Centrafrique.

Michel Djotodia avait renversé le 24 mars le président François Bozizé à la tête de la coalition rebelle Séléka, dissoute depuis. 

 

La communauté internationale s'alarme

Tout en s'alarmant mardi d'une situation de "pré-génocide", la diplomatie américaine privilégie, elle, le renforcement de la Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique), une force militaire mise en place par l'Union africaine (UA) mais qui peine à tenir son rôle, par manque de moyens.

La Misca était censée sécuriser le pays avec un effectif de 3.652 hommes, mais seuls 2.500 sont effectivement disponibles, manquant d'entraînement, de moyens matériels et financiers.

Pourtant, après la médiation et la mise en place d'une première force internationale par les chefs d'Etat d'Afrique centrale, l'UA avait voulu montrer ses capacités de gestion de crise en étant très présente sur le dossier centrafricain et en reprenant en main les troupes africaines sur place.

"Il est clair que Ban voudrait une opération de maintien de la paix (OMP), estime un diplomate.Mais les Africains souhaitent gérer cette affaire eux-mêmes autant que possible, donc la première étape devrait être un fonds" pour donner davantage de moyens à la Misca, a commenté Philippe Bolopion, directeur de Human Rights Watch auprès de l'ONU.

Mi-octobre, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait déjà annoncé à Bangui l'envoi de troupes supplémentaires en Centrafrique tout en rappelant l'exigence de l'organisation d'élections libres début 2015, dont le pouvoir actuel serait exclu.

Selon une source diplomatique, les troupes de l'ancienne puissance coloniale, dont l'effectif actuel est de 400 hommes, pourraient atteindre 750 voir 1.200 hommes, dans le cadre d'un mandat du conseil de sécurité de l'ONU, qui devrait se prononcer début décembre sur une nouvelle résolution sur le dossier centrafricain.