Centrafrique: tensions entre le parti de l'ancien président Bozizé et le gouvernement

Par AFP

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Le parti de l'ancien président centrafricain François Bozizé, le KNK, a accusé le gouvernement de ce pays ravagé par un conflit de préparer son arrestation, ce que dément le ministre de la justice.

Le KNK a accusé vendredi dans un communiqué "le pouvoir en place" de vouloir "décapiter" son organisation "par l'arrestation programmée" de ses dirigeants, dont M. Bozizé.L'ancien président, revenu en Centrafrique en décembre après six années d'exil et probable candidat à l'élection présidentielle de décembre 2020, est considéré comme le principal obstacle à la réélection du président Faustin Archange Touadera. Vendredi, les forces de sécurité centrafricaines ont arrêté à Bangui plusieurs militaires proches de la mouvance antibalaka, ces milices chrétiennes qui avaient pris les armes après la destitution du président Bozizé par un coup d'Etat en 2013. Des tirs ont été entendus au cours de cette arrestation mouvementée, selon plusieurs témoins sur place. Certains des suspects ont alors fui pour se réfugier dans une propriété voisine appartenant à François Bozizé et où se trouvait son fils Francis. Les forces de l'ordre ont encerclé cette résidence, sans y pénétrer. "Nous n'avons pas fait de mandat de perquisition, pour ne pas créer d'agitation car nous savons que la situation est fragile en Centrafrique", a déclaré à l'AFP le ministre de la justice, Flavien Mbata. "Nos renseignements faisaient état d'un groupe de militaires se réunissant illégalement à Bangui. Il n'y a aucune procédure d'arrestation du président Bozizé", a-t-il indiqué.La tension monte depuis plusieurs semaines entre la majorité présidentielle et le parti de M. Bozizé.Dans leur communiqué, les caciques du KNK ont fustigé un "flot de haine et d'accusations mensongères déversé par les communicants du régime de Bangui à l'encontre de François Bozizé".L'ancien chef de l'Etat, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2003, compte encore d'importants soutiens dans les rangs des forces armées centrafricaines et des antibalaka. Il est régulièrement accusé par ses adversaires de vouloir fomenter un nouveau putsch depuis son retour au pays. Le 28 mars, 16 cadres antibalaka avaient déjà été arrêtés à Bangui lors d'une réunion présidée par le ministre du tourisme, Dieudonné Ndomate, lui-même issu de cette mouvance.