Côte d'Ivoire: l'archevêque d'Abidjan appelle au pardon, à la réconciliation

24 avril 2011 à 11h38 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

L'archevêque d'Abidjan, Jean-Pierre Kutwa, a appelé dimanche les Ivoiriens "au pardon, à la réconciliation et à la paix", dans son message pascal lu dans toutes les paroisses de la capitale économique du pays.

L'archevêque a invité les Ivoiriens "à recevoir et à donner le pardon pour qu'ensemble nous vivions dans la paix", après la crise post-électorale meurtrière conclue le 11 avril par la victoire militaire du chef de l'Etat Alassane Ouattara contre le président sortant Laurent Gbagbo, qui refusait de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 28 novembre.

"Oui, la Côte d'Ivoire doit être une terre d'amitié et de fraternité, que l'on soit musulman ou chrétien, du Nord ou du Sud, blanc ou noir, d'ici ou d'ailleurs", a souligné Mgr Kutwa.

"Aujourd'hui mieux qu'hier, il nous faut chercher à aimer les autres", a-t-il ajouté, dans "message d'invitation au pardon, à la réconciliation et à la paix".

Près de 1.000 personnes ont perdu la vie depuis fin novembre dans le pays, dans des violences qui ont aussi fait des centaines de milliers de déplacés et réfugiés, selon les Nations Unies.

"Nous avons encore dans le coeur le souvenir de ce flot ininterrompu de population désespérée sur les routes, ce décor affligeant d'hommes, de femmes, de vieillards et d'enfants abrités dans nos paroisses ou sur des sites aménagés à la hâte dans cet effet et d'une très grande précarité", a rappelé l'archevêque.

"Nos villages et nos villes portent encore les marques de cet horrible affrontement (..) Chacun porte dans son coeur et dans son âme des blessures profondes et des frustrations en tout genre.Toutes demandent à être traitées non pas superficiellement mais en profondeur en vue d'une guérison totale", a-t-il affirmé.

La Côte d'Ivoire, dont la population est évaluée à quelque 20 millions d'habitants, compte environ 40% de musulmans, 40% de chrétiens et 20% d'animistes.

Parmi les partisans de Gbagbo, se trouvaient des chrétiens, tandis que Ouattara était soutenu par les régions du nord principalement musulmanes.

Arrêté le 11 avril, le président déchu a été placé en résidence surveillée à Korhogo (nord), selon des sources concordantes.