Côte d'Ivoire: un président de région d'opposition condamné à 3 ans de prison, dont 1 ferme

Par AFP

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Le président du Conseil régional de Gbêkê, dans le centre de la Côte d'Ivoire, Jacques Mangoua, membre du premier parti d'opposition, a été condamné mardi en appel à 36 mois d'emprisonnement, dont douze ferme pour "détention illégale d'arme".

M. Mangoua qui reste "en liberté provisoire" a toujours clamé son innocence. Il avait été condamné le 3 octobre 2019 en première instance à cinq ans d'emprisonnement ferme et cinq millions de francs CFA (environ 7.600 euros) d'amende pour détention illégale de munitions de guerre."La cour vous condamne à 36 mois dont 24 avec sursis", a déclaré le président de la cour d'appel de Bouaké (centre), Tahirou Dembélé, à l'issue d'une audience au cours de laquelle n'a pas été levée sa condamnation financière ni la privation de ses droits civiques.La lecture du verdict, qui a duré deux minutes, n'a pas permis à M. Mangoua de s'exprimer.Cependant, un de ses proches, joint par l'AFP au téléphone, a affirmé qu'il "va se pourvoir en cassation pour protester contre le maintien de la privation de ses droits civiques qui l'empêche de reprendre la tête du Conseil régional".M. Mangoua, membre du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, première formation d'opposition), a bénéficié le 31 mars 2020 d'une remise en liberté provisoire après avoir purgé près de six mois de prison.Des machettes et des munitions de calibre 12 ont été découvertes chez lui dans son village de N'Guessankro situé à une cinquantaine de km à l'ouest de Bouaké.Son entourage crie au "complot" et au "coup monté". C'est "lui-même qui a averti la gendarmerie" de la présence des armes à son domicile, avait assuré à l'AFP Moïse Amani, chargé de mission auprès de M. Mangoua."Les enjeux de cette affaire sont ailleurs, M. Mangoua préside une région qui se trouve être la plus grande de la Côte d'Ivoire (...) il préside une région stratégique et est de l'opposition, alors cela est insupportable pour certains hommes politiques", avait écrit à l'AFP sa fille, Joanne Mangoua.