Des journalistes manifestent à Tunis pour dénoncer les brutalités policières

9 mai 2011 à 11h15 par La rédaction

TUNIS (AFP)

Plusieurs dizaines de journalistes ont manifesté lundi dans le centre de Tunis pour dénoncer les récentes violences dont ils ont été victimes lors de la couverture de manifestations dans la capitale, a constaté l'AFP.

"Liberté, Liberté pour la presse tunisienne", ont scandé des journalistes à la face de policiers qui ont formé un cordon de sécurité sur l'avenue centrale Habib Bourguiba, à proximité du ministère de l'Intérieur, entouré de barbelés et où sont stationnés des blindés depuis plusieurs mois.

"Presse libre et indépendante", "Non à l'atteinte des journalistes", "pas de démocratie sans presse libre", pouvait-on lire sur de grandes banderoles déployées par des journalistes qui répondaient à l'appel du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJ).

"C'est un mouvement de protestation pour dire au gouvernement que nous refusons ses excuses et que nous exigeons un engagement ferme pour préserver la liberté de la presse dans le pays et que nous exprimons notre refus du verrouillage des médias", a précisé le syndicaliste Zied El Hani.

Le ministère de l'Intérieur avait présenté vendredi soir dans un communiqué "ses excuses aux journalistes et aux citoyens agressés involontairement", affirmant son "respect pour le travail journalistique.

Quinze journalistes travaillant pour des médias internationaux et tunisiens ont été brutalisés par des policiers lors de la couverture de manifestations jeudi et vendredi dans la capitale.

Ces violences inédites depuis la chute de Ben Ali, avaient fait craindre un retour des méthodes répressives utilisées par l'ancien régime qui avait multiplié contre les journalistes des méthodes d'intimidation ainsi que des filatures, des menaces et des interrogatoire.

Défilant lundi sur l'avenue Bourguiba qui résonnaient de multiples coup de sifflets et de klaxons "solidaires", les journalistes rejoints par des dizaines de manifestants ont ensuite défilé devant le siège du journal La Presse où des journalistes ont été tabassés vendredi dans les locaux même de la rédaction.

Khaled Errahali, membre du syndicat des forces de l'ordre, présent lors de la manifestation, s'est déclaré "désolé pour ce qui est arrivé aux journalistes qui ont soutenu leurs revendications pour la fondation de leur syndicat", une première en Tunisie depuis la chute de Ben Ali.

"Je suis venu présenté aux noms des mes collègues, nos excuses et exprimer notre solidarité avec les journalistes et pour appeler à juger les responsables de ces actes", qualifiant les excuses du ministère de tutelles "d'insuffisantes".

Une source du ministère de l'intérieur, citée par La Presse, a indiqué que certains agents ayant agressé des journalistes vendredi avenue Habib Bourguiba ont été identifiés, soulignant que l'enquête va se poursuivre afin de déterminer les responsabilités.