DSK inculpé : quels changements pour la politique du FMI en Afrique ?

16 mai 2011 à 11h42 par La rédaction

Depuis que Dominique Strauss-Kahn dirige le FMI, la plupart des observateurs s'accordent à dire qu'il a profondément modifié l'approche du fond, vis en vis des pays en difficulté, notamment sur le continent africain. Avant, c'était : « le FMI sait mieux que vous » comment faire pour sortir de l'endettement. DSK a cassé cette tradition en reconnaissant que l'institution, dont il a la charge, avait besoin de consulter les pays pour envisager les solutions possibles. Dès sa première conférence de presse en 2007, Dominique Strauss-Kahn prône une réorientation des politiques économiques. Exit donc les politiques néolibérales, ce sera désormais au cas pas cas. L'Afrique reprend alors petit à petit confiance en cette institution, longtemps considérée comme un outil de pression de l'Occident.« L'affaire DSK » aura donc des conséquences, non seulement sur le plan politique en France, sur sa vie personnelle, mais aussi sur l �??avenir du FMI, et donc de sa politique envers l'Afrique, qui comme on l'a vu dépend beaucoup de l'impulsion personnelle de son directeur général. Suite à son arrestation, puis son inculpation dimanche dernier pour tentative de viol, il ne fait aucun doute que même s'il est blanchi, plus rien ne sera comme avant. Et, son possible remplacement à la tête de l'institution est désormais envisagé. Hier, au terme d'un conseil d'administration extraordinaire, le numéro 2 de l'institution monétaire international John Lipsky, a été designé pour tenir l'intérim. La réunion qu'il devait assurer aujourd'hui à Bruxelles, avec les ministres de la zone euro, est bien entendu maintenue. Sans pouvoir le dire officiellement, il est clair que l'organisme prépare déjà l'après-Dominique Strauss-Kahn. Ce changement risque d'être un bouleversement. En effet, depuis sa création en 1944, les directeurs ont toujours été des occidentaux (Europe et Etats-Unis essentiellement). Mais la nouvelle configuration internationale, avec la montée en puissance des BRICS change la donne.Déjà ces pays, occupent des postes élevés, et il est à noter que le remplaçant de Dominique Strauss-Kahn, a fait savoir qu'il n'assurerait que l'intérim, donc la course à la succession est peut être déjà lancée. Néanmoins il fautespérer que quel que soit le remplaçant de Dominique Strauss-Kahn, il poursuivra sur sa lancée unanimement saluée par tous.Patricia Ntsame