Egypte: nouveau gouvernement, changement de ministre de l'Intérieur

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

La télévision officielle égyptienne a annoncé lundi la formation d'un nouveau gouvernement en Egypte, avec de nombreux ministres reconduits à l'exception notable de celui de l'Intérieur Habib el-Adli, dont les manifestants réclamaient le départ. 

Le nouveau ministre de l'Intérieur est un général de la police, Mahmoud Wagdi.

Autre changement, le gouvernement ne comprend aucune personnalité du milieu des affaires, considéré comme proche du fils du président Hosni Moubarak, Gamal, très conspué lui aussi lors des manifestations qui secouent le pays depuis une semaine.

Le ministre de la Culture, Farouk Hosni, candidat malheureux à la direction de l'Unesco en 2009 après avoir déclaré qu'il "brûlerait" les livres israéliens qu'il trouverait en Egypte, est remplacé par un professeur d'université et critique littéraire, Gaber Asfour.

Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit est reconduit, de même que celui de la Défense, le général Mohamed Hussein Tantaoui, et celui de l'Information, Anas el-Fekki.

La télévision a cité un décret du président Hosni Moubarak.

Ce changement de gouvernement survient à la veille d'une marche géante prévue au Caire à l'appel des manifestants qui réclament sans relâche depuis mardi dernier le départ de M. Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis trois décennies.

M. Moubarak avait annoncé samedi la nomination d'un nouveau Premier ministre, issu de l'armée, le général Ahmad Chafic, ancien ministre de l'Aviation.

Cette nomination avait été accompagnée de celle du chef des services secrets, le général Omar Souleimane, comme vice-président, un poste vacant depuis l'arrivée de M. Moubarak au pouvoir en 1981.

Des manifestants présents lundi dans le centre du Caire ont réagi positivement au limogeage du ministre de l'Intérieur, tout en continuant de réclamer le départ de M. Moubarak.

"Le ministre de l'Intérieur est responsable de toutes les violences, car c'est la police qui a tiré sur les manifestants", estimait l'un d'eux, Hussein Ali.

Mais un manifestant, qui refuse de donner son nom, souligne que "nous n'accepterons aucun autre changement que le départ de Moubarak", et un autre, Rifat Ressat assure que "nous voulons un changement complet du gouvernement, avec une autorité civile".

Des milliers de personnes étaient toujours rassemblées lundi sur la grande place Tahrir (place de la Libération), épicentre de la révolte dans le centre du Caire.

Les affrontements dans de nombreux endroits à travers l'Egypte ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi dernier.