Egypte: Poutine apporte son soutien au maréchal Sissi pour la présidentielle

Par La rédaction

Moscou (AFP)

Le président russe a apporté jeudi son soutien à l'homme fort de l'Egypte, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, en visite à Moscou alors que les relations du Caire avec les Etats-Unis se sont refroidies.

"Je sais que vous avez pris la décision de présenter votre candidature à la présidentielle en Egypte", a déclaré M. Poutine au maréchal Sissi, selon les images de la télévision russe.

"C'est une décision très responsable, de s'investir d'une mission pour le peuple égyptien.Je vous souhaite, en mon nom et au nom du peuple russe, de réussir", a-t-il ajouté.

"La stabilité de la situation dans tout le Moyen-Orient dépend largement de la stabilité en Egypte.Je suis persuadé qu'avec votre expérience vous allez réussir à mobiliser vos partisans et établir des relations avec toutes les parties de la société égyptienne", a ajouté le président russe.

Très populaire en Egypte, le maréchal Sissi, ministre de la Défense, n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature mais il ne fait pas mystère de ses intentions depuis qu'il a destitué le 3 juillet le président Mohamed Morsi.

- Coopération militaire -

 

Le nouvel homme fort d'Egypte est arrivé mercredi en Russie, accompagné du ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmi.

Les deux hommes ont rencontré plus tôt dans la journée jeudi leurs homologues russe Sergueï Choïgou et Sergueï Lavrov pour renforcer la coopération entre les deux pays, notamment militaire.

Ce voyage est la réponse à la visite des ministres de la Défense et des Affaires étrangères russes au Caire le 14 novembre, qui avaient eu lieu en plein refroidissement --causé par la destitution de M. Morsi et la répression sanglante des manifestations de ses partisans-- des relations entre l'Egypte et les Etats-Unis, son principal allié et bailleur de fonds.

M. Lavrov a déclaré à la fin de la rencontre que les deux pays allaient accélérer "la coopération militaire et militaro-technique".

Ce dernier terme recouvre en général les ventes d'armes, un des domaines de pointe de la Russie.

En novembre, la Russie avait annoncé qu'elle allait livrer au Caire des systèmes de défense antiaérienne, et discutait de la livraison d'avions et d'hélicoptères à l'armée.

Le montant des contrats atteindrait 2 milliards de dollars, selon la presse russe.

Des sources proches du ministère russe de la Défense et de la holding d'Etat, Rostec, avaient alors indiqué que ces achats pourraient être financés par l'Arabie saoudite, pays avec lequel Moscou s'oppose pourtant régulièrement, notamment autour du conflit en Syrie.

La Russie, l'un des principaux exportateurs d'armements au monde, espère renforcer sa coopération militaire avec l'Egypte, son partenaire du temps de l'URSS, sur fond de refroidissement des relations entre le Caire et Washington. 

Les Etats-Unis ont accordé des milliards de dollars d'aide à l'Egypte depuis que le pays a signé en 1979 un accord de paix avec Israël, un moyen de garantir le respect de ce traité, de s'assurer un accès prioritaire au canal de Suez et de soutenir le pays le plus peuplé du monde arabe dans la "guerre contre le terrorisme" islamiste.

Mais après des mois d'atermoiements, les Etats-Unis ont officiellement gelé le 10 octobre une partie de leur aide à l'Egypte, après que le nouveau gouvernement dirigé de facto par Sissi a déclenché la colère de Washington en lançant une répression sanglante des manifestations des partisans de M. Morsi, seul président élu démocratiquement en Egypte.

Selon Amnesty international, au moins 1.400 personnes ont été tuées en sept mois, des manifestants pro-Morsi pour la quasi-totalité.Plusieurs milliers de partisans du chef de l'Etat déchu ont également été emprisonnés depuis sa destitution et, à l'instar de M. Morsi lui-même, les cadres de son gouvernement et de sa confrérie des Frères musulmans sont jugés dans divers procès pour lesquels ils encourent la peine de mort.