Eswatini: heurts lors d'une manifestation anti-monarchie de la jeunesse

Par AFP

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Ils se sont dits prêts à en découdre toute la nuit: plusieurs centaines de jeunes se sont violemment heurtés à la police vendredi lors d'une manifestation contre le pouvoir, dans la dernière monarchie absolue d'Afrique, Eswatini.

"Aujourd'hui, nous avons été témoins de la colère de la jeunesse swazie contre le système autocratique", a déclaré à l'AFP Wandile Dludlu, le secrétaire général du Front démocratique uni du Swaziland (SUDF). Des commerces ont été saccagés, pillés, une échoppe a été brûlée.Malgré le gaz lacrymogène et les grenades assourdissantes de la police, la manifestation qui avait démarré tôt le matin dans le township de Msunduza, près de la capitale Mbabane, était toujours en cours dans la soirée. Les manifestants, qui réclament un premier ministre élu et une démocratie multipartite, ont répliqué par des jets de pierres, certains ont été arrêtés, a affirmé M. Dludlu, qui a décrit une "humeur violente".Dans ce petit pays pauvre et enclavé d'Afrique australe, où le roi nomme les ministres et contrôle le parlement, le rôle du chef du gouvernement est extrêmement limité. Et les formations politiques ne sont pas autorisées à participer aux scrutins.Habituellement, les protestations sont rares dans le royaume de Mswati III. Mais déjà la semaine dernière, 500 jeunes ont manifesté dans un village du district de Manzini, à environ 30 kilomètres de la capitale, pour réclamer la démocratie. Le gouvernement a prononcé jeudi une interdiction de manifester. La police "fera tout son possible pour s'assurer que personne ne contrevienne à cette décision et fera preuve d'une tolérance zéro", a mis en garde vendredi dans un communiqué, le commissaire de la police nationale, William Dlamini.Une nouvelle manifestation est prévue samedi. Au pouvoir depuis 1986, Mswati III, qui a 14 femmes et plus de 25 enfants, est décrié pour sa poigne de fer, ses frasques et son train de vie fastueux dans un pays, anciennement appelé Swaziland, dont les deux tiers du 1,3 million d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.En 2019, une série de grèves des fonctionnaires, accusant le monarque de vider les caisses du pays au détriment de ses sujets, avait déjà secoué le royaume.