Eswatini: la SADC envoie une mission après des heurts meurtriers

3 juillet 2021 à 18h33 par AFP

AFRICA RADIO

Une délégation de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) arrivera dimanche dans le petit royaume d'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, pour une mission d'enquête, après des heurts entre policiers et manifestants, a annoncé samedi le gouvernement.


Le pays pauvre et enclavé d'1,3 million d'habitants est secoué depuis quelques semaines par des manifestations contre le régime. La protestation, qui couvait depuis des semaines, est montée en puissance lundi dernier.Le royaume "a invité" la SADC à effectuer "une mission d'enquête dans le pays", a déclaré le gouvernement d'Eswatini sur Twitter, précisant qu'elle serait sur place dimanche. L'organisation avait annoncé la veille dans un communiqué envoyer "en urgence une équipe de ministres". La SADC, qui regroupe 16 pays de la région, a appelé "à renoncer aux actes de violence" et exhorté les services de sécurité "à faire preuve de retenue".Plusieurs pays parmi lesquels l'Afrique du Sud, dont dépend le royaume pour son approvisionnement, ont déjà critiqué la violente répression. La capitale Mbabane a été le théâtre ces derniers jours de heurts entre manifestants et policiers qui ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, selon les militants pro-démocratie. Des centaines de jeunes en colère ont pillé et brûlé des magasins. Des membres du Parlement ont évoqué 60 personnes tuées et 200 blessés. Le gouvernement a jusqu'ici déclaré ne pas avoir reçu de rapport officiel sur ces décès.L'ONG Amnesty International a pour sa part décompté au moins 20 personnes tuées par les forces de sécurité, six portées disparues et au moins 150 manifestants hospitalisés avec notamment des blessures par balles, dans "une attaque frontales des droits humains". Samedi, certains magasins ont rouvert pour quelques heures, selon un correspondant de l'AFP sur place. Une intense présence policière dans les rues et des barrages sur les principaux axes routiers ont instauré un calme précaire. Le couvre-feu imposé par les autorités est toujours en vigueur.Le fournisseur de réseau internet MTN a confirmé dans un communiqué avoir limité l'accès dans le pays, après avoir reçu comme d'autres opérateurs "une directive" du gouvernement.