France: 70 artistes pour un portrait foisonnant de Kinshasa

24 octobre 2018 à 14h24 par AFP

AFRICA RADIO

Photographes, vidéastes, performeurs, slameurs, rapeurs, peintres, auteurs de BD: le Musée international des arts modestes (Miam) de Sète, dans le sud de la France, dresse à partir de mercredi un portrait vivant de Kinshasa, vue par 70 artistes de République démocratique du Congo (RDC).

Avec "Kinshasa Chroniques", du 24 octobre au 10 mars 2019, le Miam accueille pour la première fois des artistes du continent africain.L'exposition coproduite par la Cité de l'architecture et du patrimoine s'articule autour de neuf chroniques - performance, sport, paraître, musique, capital, esprit, débrouille, futur, mémoire. Au fil de la déambulation, sons, voix, radios, avertisseurs, couleurs et tissus éclatants, permettent de s'immerger dans l'ambiance de la mégalopole africaine de 13 millions d'habitants.Parallèlement, deux collectifs d'auteurs de BD - Lamuka et Bulles africaines - ont créé pour l'exposition dix BD qui, en quatre planches chacune, narrent des "kinoiseries", le quotidien de Kinshasa.Plusieurs artistes expriment leur préoccupation pour l'environnement, comme Olivier Kasongo, dit Olikas, qui dans une série photographique traite des inondations et de la pollution qui frappe la capitale de la RDC. De son côté, Eddy Ekete a fabriqué un monstrueux "Homme canette", constitué de plus de 700 canettes usagées.L'exposition fait aussi la part belle aux "sapeurs" kinois (de Sape - Société des ambianceurs et des personnes élégantes) comme Cérick Mbengi, qui dessine des habits en papier kraft.Dareck Tubazaya évoque de son côté, avec humour et réalisme, la "débrouille" des Kinois, notamment avec la photographie d'un vieux compteur de courant aux multiples fils entrecroisés intitulée "Benda courant", une expression en lingala qui désigne l'art de détourner l'électricité.Dans une série photographique baptisée "Le train de l'illusion", Junior D. Kannah se penche sur une capitale et un pays dans lesquels "rien ne se passe" depuis 1990 malgré les promesses de changement. "Le train du changement est devenu un spectre de la démocratie, dans un cycle infernal qui se répète sans cesse depuis 30 ans", commente-t-il."A +Kin+, il y a aussi une vie invisible car le pouvoir a divorcé de la population et c'est les habitants qui inventent la vie au quotidien", souligne Eric Androa Mindre Kolo, l'un des artistes et commissaires de l'exposition.Pour Dominique Malaquais, chercheuse au CNRS (Institut des mondes africains) et l'une des commissaires de l'exposition, il s'agissait de dresser "le portrait d'une ville mouvante, qui refuse de se laisser saisir".Selon la chercheuse, Kinshasa "a énormément à apprendre aux villes du Nord", notamment en terme de dynamisme des quartiers et de décentralisation.