Funérailles à Alger de l'ex-archevêque Henri Teissier, "tisseur de liens"

Par AFP

AFRICA RADIO

Quelques dizaines de prêtres et de fidèles ont participé mardi dans la capitale algérienne à la messe d'obsèques de l'ancien archevêque d'Alger Henri Teissier, témoin de la "décennie noire" dans le pays et "tisseur de liens" entre chrétiens et musulmans.

Le cercueil de Mgr Teissier, archevêque d'Alger de 1988 à 2008 et décédé il y a une semaine à Lyon à l'âge de 91 ans, était exposé au coeur de la basilique Notre-Dame d'Afrique, sous un drapeau algérien."Son corps comme sa vie appartiennent à la terre et au peuple algérien", a souligné Mgr Paul Desfarges, actuel archevêque d'Alger, saluant un "tisseur de liens, de fraternités" au début de la cérémonie dont l'affluence est restée très limitée en raison de la pandémie."Il a été le Pasteur d'une église toute entière dédiée à son peuple algérien", avait-il écrit peu après le décès de son prédécesseur.Le prélat doit être inhumé mercredi dans ce lieu de culte chrétien surplombant Alger, également fréquenté par des musulmans, après une cérémonie officielle d'hommages. Mgr Teissier fut le témoin direct des atrocités de la "décennie noire" (1992-2002) qui a vu périr environ 200.000 personnes, dont de très nombreux civils, victimes d'attentats ou de massacres imputés aux groupes islamistes qui ont affronté les forces de sécurité.Parmi eux, 19 prêtres, religieux et religieuses du diocèse d'Alger, aujourd'hui béatifiés, ont été tués dans les années 1990.Mgr Teissier est resté un infatigable artisan du vivre ensemble.Sur les réseaux sociaux, des personnes de toutes confessions ont salué la mémoire d'un "passeur de fraternité", soulignant son amour pour l'Algérie.Né à Lyon, Henri Teissier a passé son enfance et une partie de sa jeunesse dans en Algérie et avait choisi de rester après l'indépendance. Il avait obtenu la nationalité algérienne.L'ambassadeur d'Algérie en France, Antar Daoud, avait estimé jeudi à Lyon que l'Algérie avait perdu "un de ses dignes fils".