Guinée: journée ville morte inégalement suivie, arrestations après la mort d'un policier

3 décembre 2020 à 16h55 par AFP

AFRICA RADIO

Une journée "ville morte" à l'appel du principal opposant guinéen pour protester contre la réélection du président Alpha Condé a été inégalement suivie jeudi à Conakry, où des arrestations ont par ailleurs eu lieu après la mort d'un policier.

Un policier a été tué mardi soir par des inconnus alors qu'il patrouillait à Wanindara, l'un des fiefs de l'opposition dans la banlieue de Conakry.Il a été procédé "à quelques arrestations seulement. Il n'y a pas pour le moment de suspects avérés dans cette affaire de l'assassinat du jeune brigadier de police", a déclaré à l'AFP le ministre de la Sécurité, Albert Damantang Camara.Selon des habitants, depuis mercredi des dizaines de jeunes ont été arrêtés et conduits vers des destinations inconnues.Des dizaines de policiers et gendarmes, casqués et armés, ont poursuivi leurs opérations jeudi dans plusieurs quartiers, selon un correspondant de l'AFP.Le président d'une ONG, la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (Lidda), Mamady Kaba, a exhorté les autorités à éviter "des souffrances injustes et injustifiées" contre "des innocents".La candidature de M. Condé à un troisième mandat a donné lieu à des mois de manifestations durement réprimées et de violences qui ont fait des dizaines de morts civils depuis octobre 2019 et dans les jours suivant l'élection du 18 octobre.M. Condé, 82 ans, a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle le 7 novembre.Son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, assure que c'est lui qui a gagné et dénonce une fraude. Il avait appelé ses partisans à observer une nouvelle journée "ville morte" jeudi, après un précédent appel similaire le 9 novembre.Tous les commerces sont restés fermés dans les quartiers de Hamdallaye, Taouyah, Dar-es-Salam et Bambéto, et une majorité d'entre eux dans celui de Matam, où se trouve le plus grand marché de Conakry, a constaté le journaliste de l'AFP.En revanche, l'appel du chef de l'opposition a été quasiment ignoré dans le centre de la capitale et le quartier de Kaloum, où banques, administrations et stations-services ont fonctionné normalement, selon la même source.