Hollande reçoit le secrétaire d'Etat Kerry: crises internationales au menu

Par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

Le président français François Hollande et le nouveau chef de la diplomatie américaine John Kerry ont passé en revue mercredi les grandes crises internationales, Mali, Syrie, Proche-Orient, et discuté d'un futur accord de libre-échange Etats-Unis-Union européenne.

Lors de cette rencontre d'un peu plus d'une heure, les deux responsables "ont évoqué la perspective d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis"."La France y est favorable dans le principe, mais dans le respect de la Politique agricole commune (PAC) et de l'exception culturelle française", a indiqué la présidence française.

"Ils ont aussi parlé du Mali, de Syrie et de la nécessaire relance du processus de paix au Proche-Orient", a-t-on ajouté de même source, en précisant que le président français avait "salué la volonté" de son homologue américain Barack Obama "de s'engager dans la lutte contre les changements climatiques".

Après un début de tournée européenne à Londres et Berlin concentré sur la Syrie, John Kerry, francophile et qui a des liens familiaux en France, devait poursuivre sa brève visite à Paris avec un déjeuner au ministère des Affaires étrangères offert par son homologue Laurent Fabius.

Le Mali, dossier d'"intérêt commun" après des crispations initiales, devait être au centre de ces derniers entretiens."C'est une bataille commune qui se joue là-bas.Nous voulons qu'ils (les Français) réussissent, c'est dans notre intérêt commun", souligne un haut responsable du département d'Etat.

M. Kerry a récemment félicité la France pour son intervention "réussie" au Mali et a reconnu mardi à Berlin que ce pays d'Afrique "représent(ait) une menace" pour la région et pour l'Europe.

L'entente n'a pourtant pas toujours été parfaite entre Paris et Washington.

Lorsque Paris est intervenu le 11 janvier, Washington a hésité avant d'apporter un soutien logistique.Les Américains ont d'abord présenté aux Français une facture exorbitante pour des avions cargo C-17 avant de les offrir gracieusement dix jours plus tard.

"Rien de très surprenant mais bon, on leur a dit, eh, les gars, quand même...et au final ça s'est réglé", raconte un diplomate français.

Officiellement, plus de malentendus


Les Etats-Unis soutiennent "politiquement et matériellement" la guerre au Mali, affirment aujourd'hui des diplomates américains qui rappellent que Washington a octroyé 96 millions de dollars pour l'entraînement et l'équipement de la Misma, la force ouest-africaine appelée à relayer à terme l'armée française.

Et les Etats-Unis ont déployé plusieurs drones "Predators" au Niger en soutien aux forces françaises, afin de réduire le délai entre le repérage au Mali de combattants islamistes et leur "neutralisation".

"L'appui en drones est très important, ça nous aide.On apprécie, on est très contents", se félicite un diplomate français.

Sur le dossier du Proche-Orient, "l'objectif français, c'est de réengager les Etats-Unis sur ce dossier" israélo-palestinien totalement bloqué depuis plus de deux ans, souligne un haut responsable du Quai d'Orsay.

Selon des sources occidentales, l"inertie" américaine sur ce dossier a entre autres motivé le vote français fin novembre en faveur du statut de la Palestine comme "Etat observateur" à l'ONU, alors que Washington et Israël avaient voté contre.

Sur le dossier syrien, au lendemain d'une rencontre à Berlin entre John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov visant à rapprocher les positions bilatérales, le quotidien Washington Post a assuré que la Maison Blanche réfléchissait à un changement majeur de stratégie avec la fourniture aux rebelles d'une aide directe "non létale".