Incertitudes sur la mort du chef d'Aqmi, Paris ne confirme pas

1er mars 2013 à 13h14 par La rédaction

PARIS (AFP) - (AFP)

La France s'est refusée vendredi à confirmer la mort dans le nord du Mali d'Abdelhamid Abou Zeid, l'un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), annoncée par des médias algériens qui assurent que des tests ADN sont en cours pour tenter de l'identifier.

"C'est à prendre au conditionnel, nous n'avons pas de confirmation officielle", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, invitant à faire preuve d'"une extrême prudence".

"Nos forces sont engagées dans des opérations extrêmement dures sur le terrain, qui sont des combats sans merci.Tout compte, y compris l'information.Je crois qu'il faut être extrêmement prudent avec celles que l'on a, celles que l'on répercute.Pour l'instant, ce n'est pas confirmé", a-t-elle poursuivi sur France 2.

"Des informations circulent, je n'ai pas à les confirmer parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération", a déclaré pour sa part le président François Hollande, qui évoquait dans un discours l'opération militaire au Mali, entrée "sans doute" dans sa dernière phase, "sûrement la plus délicate".

On soulignait par ailleurs dans son entourage qu'il reviendra aux autorités maliennes "d'identifier les personnes qui font l'objet d'actions militaires" ayant eu lieu sur leur territoire.

Selon la chaîne de télévision privée algérienne Ennahar TV, Abou Zeid serait mort avec 40 autres islamistes dans le nord du Mali, tandis que trois jihadistes auraient été arrêtés par les troupes françaises.

Citant des "sources sécuritaires", le site en ligne d'Ennahar a annoncé jeudi soir que les soldats français ont découvert les corps "de 40 terroristes, dont celui d'Abou Zeid", après de violents combats près de Tigharghar, dans le sanctuaire d'Aqmi et des islamistes les plus radicaux de l'Adrar des Ifoghas.

Le quotidien algérien El Khabar rapporte pour sa part vendredi que des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de la famille d'Abou Zeid, afin de confirmer son identité.

"Les services de sécurité sont en train de comparer l'ADN de deux proches parents d'Abou Zeid avec des échantillons prélevés sur les restes d'un corps remis par les forces françaises" aux autorités algériennes, précise El Khabar.

De son vrai nom Mohamed Ghedir, l'Algérien Abou Zeid, 45 ans, est considéré comme l'un des chefs les plus radicaux des groupes islamistes du nord Mali, soupçonné notamment de la prise en otages de nombreux occidentaux.

Petit et maigre, il est apparu pour la première fois en 2003 lors du spectaculaire enlèvement dans le grand sud algérien de 32 touristes européens par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d'Aqmi.

Ancien trafiquant devenu islamiste radical dans les années 1990 en Algérie, il est notamment soupçonné d'être responsable de l'enlèvement au Niger du Britannique Edwin Dyer, exécuté en juin 2009, et du rapt en septembre 2010, toujours au Niger, de cinq Français, un Malgache et un Togolais sur un site d'uranium exploité par le groupe français Areva.Quatre de ces Français sont toujours aux mains d'Aqmi et pourraient être détenus dans la zone où Abou Zeid aurait été tué.

Il aurait également participé à l'enlèvement du Français Michel Germaneau, 78 ans, dont Aqmi avait annoncé l'exécution en juillet 2010.

Pendant l'occupation du nord du Mali par les groupes islamistes, Abou Zeid a été vu à Tombouctou et à Gao.

1.200 soldats français épaulés par 800 Tchadiens poursuivent par ailleurs une vaste opération pour déloger les islamistes de leur réduit des Ifoghas, notamment dans une zone vaste d'environ 25 km sur 25 km au sud-est de Tessalit.

Selon l'état-major des armées, une quarantaine de jihadistes y ont effectivement été "neutralisés" par les Français dans la semaine écoulée.Les islamistes entendent se battre "jusqu'au bout" et enregistrent des pertes de plus en plus lourdes, a-t-on souligné.

Une cinquantaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées sur une île du fleuve Niger qui sert de refuge à des islamistes près de Gao, lors d'une opération militaire malienne toujours en cours vendredi.