Kenya: William Ruto devra être présent à la CPI pour son procès

Par La rédaction

La Haye (AFP)

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont décidé en appel vendredi que le vice-président kényan William Ruto ne pourra s'absenter de son procès à La Haye pour crimes contre l'humanité que pour des "circonstances exceptionnelles".

La chambre d'appel estime que la décision de la chambre de première instance, qui avait autorisé en juillet le vice-président kényan à être absent de la majorité des audiences, "doit être infirmée", a déclaré le président de la CPI Sang-Hyun Song.

Les juges ont néanmoins souligné qu'en cas "de circonstances exceptionnelles la chambre peut dispenser un accusé d'être présent".

William Ruto avait déclaré récemment qu'il voulait que son procès soit ajourné, ou qu'il continue en son absence pour lui permettre de gérer la crise dans son pays suite à l'attaque sanglante contre un centre commercial de Nairobi.

Lors de l'attaque, les juges avaient ajourné le procès une semaine pour permettre à M. Ruto de rentrer dans son pays.

Avant le début de son procès le 10 septembre, les juges avaient autorisé William Ruto à être absent de la majorité des audiences mais cette décision avait été suspendue suite à l'appel du procureur.

Les juges avaient alors exercé leur droit à autoriser un accusé à ne pas être présent à son procès "de manière trop large", a ajouté le juge Song, transformant l'absence de l'accusé "en règle générale et non en exception".

"Toute absence devrait être considérée au cas par cas et limitée à ce qui est strictement nécessaire", a ajouté la cour.

William Ruto, 46 ans, est le premier haut dirigeant en fonction à être jugé par la CPI.

Lui et son co-accusé, le présentateur de radio Joshua Arap Sang, sont poursuivis pour leur rôle dans les violences post-électorales qui avaient déchiré le Kenya fin 2007-début 2008 et avaient fait plus de 1.000 morts et 600.00 déplacés.

Le procès du président kényan Uhuru Kenyatta, lui aussi poursuivi par la CPI, doit s'ouvrir le 12 novembre.

Les juges ont également autorisé en première instance le président Kenyatta à ne pas être présent à toutes les audiences de son procès.