Khartoum affirme qu'un avion militaire éthiopien a franchi ses frontières

Par AFP

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Le Soudan a affirmé mercredi qu'un avion militaire éthiopien avait franchi ses frontières, évoquant "une escalade dangereuse" dans le litige frontalier entre les deux pays marqué par des affrontements meurtriers ces dernières semaines.

Les deux voisins d'Afrique de l'Est se disputent la région frontalière d'El-Fashaga. Ces 250 km2 de terres agricoles fertiles sont convoités par les agriculteurs des deux pays."Dans une escalade dangereuse et injustifiée, un avion militaire éthiopien a franchi la frontière soudano-éthiopienne", a indiqué le ministère soudanais des Affaires étrangères dans un communiqué.Cela "pourrait avoir des conséquences dangereuses et provoquer plus de tensions dans la région frontalière", a ajouté le ministère, mettant l'Ethiopie en garde contre la répétition de "telles hostilités".Début décembre, Khartoum avait accusé les "forces et milices" éthiopiennes d'avoir tendu des embuscades aux troupes soudanaises à la frontière, faisant quatre morts et 20 blessés.De son côté, l'Ethiopie a assuré la semaine dernière que l'armée soudanaise avait "organisé des attaques à l'artillerie lourde" et que "de nombreux" civils avaient été "tués ou blessés".Le 31 décembre, le Soudan avait affirmé que son armée avait repris le contrôle des terres occupées par des paysans éthiopiens.Les forces soudanaises avancent toujours dans la région, a affirmé mardi un porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Dina Mufti, dénonçant une violation "inacceptable et contre-productive" du droit international.Dans le même temps, Khartoum a accusé des hommes armés éthiopiens d'avoir tué lundi cinq femmes et un enfant dans la région.La frontière entre l'Ethiopie et le Soudan court sur 1.600 kilomètres et a été créée par un accord en 1902. Passé entre l'Ethiopie et l'administration coloniale britannique qui dirigeait à l'époque le Soudan, cet accord ne contenait pas de démarcation précise.Addis Abeba et Khartoum ont organisé des négociations fin décembre. Cette dispute territoriale sape les relations diplomatiques entre les deux pays, au moment même où ils tentent de trouver un accord avec l'Egypte au sujet du Grand barrage de la Renaissance (Gerd), qu'Addis Abeba construit sur le Nil bleu. Khartoum a annoncé dimanche l'échec de ces pourparlers.Par ailleurs, l'opération militaire au Tigré, lancée début novembre par Addis Abeba pour déloger les autorités locales du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), a poussé des dizaines de milliers d'Ethiopiens à fuir au Soudan.