L'Afrique veut attirer les capitaux arabes pour sortir de la marginalisation

10 octobre 2010 à 19h30 par La rédaction

SYRTE (Libye) (AFP)

Le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping a appelé dimanche, à l'ouverture d'un sommet afro-arabe à Syrte en Libye, les riches pays arabes à investir en Afrique pour aider le continent à sortir de "la marginalisation économique".

"Les Etats frères arabes disposent de vastes réserves d'épargne, de ressources financières considérables et d'immenses capacités d'investissements.Nous pouvons donc nous rendre complémentaires", a déclaré M. Ping devant des dirigeants arabes et africains.

"L'Afrique cherche à sortir de la marginalisation économique dans laquelle elle est confinée et ce notamment par le biais du renforcement des investissements et de l'intensification du commerce", a-t-il dit, estimant que la proximité géographique entre pays africains et arabes représentait "un avantage certain".

M. Ping a précisé que l'Afrique compte plus d'un milliard d'habitants représentant un septième des consommateurs du marché mondial.

Il s'agit, selon lui d'un continent grand comme dix fois l'Europe et quatre fois les Etats-Unis, "aux ressources considérables et qui est l'un des plus grands réservoirs de matières premières de la planète".

"Que nous le disions clairement : ce sommet est celui de l'investissement des capitaux arabes en Afrique", a déclaré de son côté le numéro un libyen Mouammar Kadhafi, estimant que les pertes subies par les pays arabes lors de la crise financière mondiale auraient pu être évitées si ces derniers avaient investi leurs capitaux en Afrique.

Ce deuxième sommet afro-arabe qui se tient 33 ans après le premier sommet, organisé au Caire en mars 1977, doit adopter une "stratégie de partenariat" et un plan "d'action commun" afro-arabe, visant à mettre en place une coopération économique et politique entre les deux parties.

Plusieurs fonds d'investissement arabes sont déjà présents en Afrique comme la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, Libya Africa Portfolio (LAP), le Fonds arabe pour le développement économique et social (Fades) ou le Fond koweïtien.