L'armée soudanaise bombarde l'Etat pétrolier d'Unité, selon le Sud

Par La rédaction

JUBA (Soudan) (AFP)

L'armée soudanaise a mené plusieurs frappes aériennes sur des positions de troupes sudistes dans l'Etat d'Unité (Sud du Soudan), à moins d'un mois de la partition, pour s'emparer des champs pétroliers de cet Etat stratégique, a accusé vendredi l'armée sudiste.

"Des appareils des SAF (Forces armées du Soudan, NDLR) ont bombardé la zone de Yau, dans l'Etat d'Unité", a déclaré à l'AFP Philip Aguer, porte-parole de l'armée populaire de libération du Soudan (SPLA).

"Cette zone est largement à l'intérieur du Sud-Soudan, et c'est une manoeuvre de Khartoum pour contrôler la zone et créer une frontière de facto, afin de contrôler nos champs de pétrole", a ajouté M. Aguer.

L'Etat sudiste d'Unité, situé à la lisière du Nord-Soudan, est l'une des principales régions pétrolifères du Soudan, plus grand pays d'Afrique dont la production avoisine 480.000 barils par jour.

M. Aguer a précisé que les troupes de la SPLA étaient en "état d'alerte maximale" et renforçaient leurs positions défensives, redoutant de voir les Nordistes entrer sur le territoire pour prendre le contrôle des champs d'or noir.

L'armée soudanaise n'était pas joignable dans l'immédiat pour confirmer ces informations, mais un porte-parole d'une milice rebelle qui a combattu la SPLA à plusieurs reprises ces derniers mois dans l'Etat d'Unité, a confirmé les frappes nordistes.

"Ils ont bombardé des position de la SPLA, poursuivant les troupes de la SPLA qui fuyaient le Kordofan-Sud", a déclaré Bol Gatouth Kol, niant tout implication de son groupe dans les combats.

Des affrontements opposent depuis dimanche l'armée nordiste et des membres de l'ancienne armée rebelle sudiste au Kordofan-Sud, Etat nordiste limitrophe d'Unité, qui a été un champ de bataille pendant la guerre civile entre Nord et Sud (1983-2005).

Plus tôt vendredi le gouverneur du Kordofan-Sud, Ahmed Harun, a accusé deux dirigeants de l'ancienne armée rebelle sudiste au Kordofan-Sud d'être "responsables de ce qui ce passe dans l'Etat", dans une déclaration à la radio d'Etat soudanaise.

"Je ne vois pas de possibilité de dialogue entre les deux camps pour le moment", a ajouté M. Harun, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour.

Du fait de ces combats, entre 30.000 et 40.000 personnes auraient fui la ville de Kadougli, capitale du Kordofan-Sud, seul Etat pétrolier du Nord, a annoncé l'ONU vendredi.

La montée des violences depuis janvier soulève des craintes croissantes à l'approche de l'indépendance du Sud-Soudan, prévue le 9 juillet.

En avril, l'Etat d'Unité avait déjà été le théâtre de combats entre la SPLA et des milices rebelles, qui avaient poussé 4.000 civils à l'exode, selon des responsables locaux.La SPLA accuse régulièrement Khartoum d'armer des milices dissidentes afin de déstabiliser le Sud-Soudan.