La Centrafrique veut désarmer les milices rebelles d'ici cinq mois

Par AFP

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Le gouvernement centrafricain a annoncé vendredi qu'il ambitionnait de désarmer d'ici cinq mois plus de 9.000 combattants des groupes armés qui contrôlent 80% de ce pays ravagé par un conflit meurtrier depuis 2013.

Ces milices, qui se disputent le contrôle des ressources du pays, sont pour la plupart représentées au gouvernement depuis que 14 de leurs chefs ont signé le 6 février un accord de paix dans la capitale soudanaise, Khartoum. Les violences ont reculé depuis, mais des combats sporadiques et les meurtres de dizaines de civils ont émaillé ces derniers mois."Nous devons aller vite", a déclaré Jean Willybiro Sako, le ministre conseiller coordinateur du programme Désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR). "Le DDRR ne va pas durer éternellement", a-t-il plaidé. Le ministre s'exprimait lors d'une réunion du comité de suivi de cet organe mis en place en décembre 2018 et rattaché au gouvernement. Son calendrier, que l'AFP a pu consulter lors de cette réunion, fixe au 11 janvier 2020 la fin du désarmement. Ces milices seraient constitués de plus de 9.000 combattants équipés d'armes de guerre, selon la liste qu'ils ont eux-mêmes dressée et remise aux autorités dans le cadre de l'accord de Khartoum, conclu sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine (UA).Le DDRR doit superviser le désarmement des milices des 14 groupes rebelles signataires de l'accord de paix.Depuis, 583 combattants seulement ont été désarmés et démobilisés, selon les derniers chiffres du gouvernement.Plusieurs de leurs représentants au comité de suivi du DDRR ont ont pointé vendredi le "manque d'organisation" et "l'impréparation" de l'unité d'exécution du programme de désarmement. D'autres ont exprimé leurs inquiétudes quant à l'accueil par les populations des combattants qui seraient démobilisés."Les armes disparaissent mais la rancoeur demeure. Il faut préparer les mentalités. La population aussi a des armes", a estimé un représentant d'un de ces groupes, le Rassemblement patriotique pour le renouveau de la Centrafrique (RPRC). "Nos hommes craignent de remettre leurs armes puis de se faire zigouiller", a-t-il lâché. Dans un rapport publié le 30 juillet, des experts de l'ONU avaient eux exprimé des doutes sur la volonté de certains leaders de groupes armés de respecter l'accord de Khartoum. La sécurité reste extrêmement précaire en Centrafrique, l'un des pays les plus pauvres du monde et ravagé par la guerre civile depuis 2013. Les combats ont forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leurs domiciles.