La FIDH exhorte Kinshasa à assurer la sécurité lors d'élections à Yumbi, lieu d'un massacre

29 mars 2019 à 16h35 par AFP

AFRICA RADIO

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a exhorté vendredi les autorités congolaises, à la veille d'élections dimanche dans le territoire de Yumbi, théâtre d'un massacre en décembre, à "prendre des mesures sécuritaires et d'apaisement" pour éviter de nouvelles violences pendant et après ce scrutin.

Au moins 535 civils - hommes, femmes et enfants - ont été massacrés les 16 et 17 décembre 2018 dans trois villages du territoire de Yumbi, sur les bords du fleuve Congo, à quelque 300 km au nord de la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa.Les victimes étaient principalement des membres de la communauté banunu, visées par une communauté rivale, les Batende, qui officiellement contestaient le lieu d'inhumation d'un chef coutumier banunu."Des élections législatives et provinciales sont prévues ce dimanche sur le territoire de Yumbi, dans un contexte de tensions toujours vives après les graves crimes survenus entre le 16 et le 18 décembre 2018", déclarent vendredi dans un communiqué commun plusieurs organisations, dont la FIDH et l'Association africaine des droits de l'Homme (ASADHO)."Nos organisations sont allées enquêter à Yumbi et les témoignages recueillis suggèrent que ces attaques (...) ont probablement été préméditées et soutenues par certaines autorités locales. Dans ce contexte, nos organisations appellent les autorités congolaises à redoubler d'efforts pour faire toute la lumière sur ces crimes afin d'identifier et poursuivre en justice les responsables", demandent ces organisations.Elles soulignent que "l'organisation des élections législatives dans cet environnement d'impunité" et "de tensions intercommunautaires" pourrait constituer "un élément déclencheur de nouvelles violences, d'autant plus qu'une grande défiance existe vis-à-vis des représentants des autorités locales".Les autorités congolaises "doivent prendre des mesures sécuritaires et d'apaisement pour éviter de nouvelles violences" à Yumbi lors des élections de dimanche "et après cette échéance", exhortent ces organisations.Par ailleurs, elles appellent les autorités congolaises et "plus particulièrement" la Commission électorale nationale indépendante (Céni) "à prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les personnes déplacées et les réfugiés puissent participer aux élections, si elles le souhaitent, sans craindre pour leur sécurité"."Près de 16.000 personnes ont été contraintes de se réfugier en République du Congo" voisine et "plus de 3.000 autres sont déplacées dans les villages voisins et dans la province de l'Équateur", ajoute le communiqué.Kinshasa a récemment reconnu pour la première fois, en livrant des détails atroces, que le massacre de Yumbi "a été instrumentalisé par certains acteurs politico-administratifs locaux".