Le Nigeria veut limiter une croissance démographique "exponentielle"

24 octobre 2018 à 11h46 par AFP

AFRICA RADIO

Le gouvernement nigérian cherche des moyens de limiter la croissance démographique "exponentielle" dans le pays le plus peuplé d'Afrique, qualifiée de "grand défi" pour le développement du Nigeria, selon la ministre des Finances.

S'exprimant en marge d'un sommet économique mardi à Abuja, la ministre Zainab Ahmed a affirmé que le boom démographique au Nigeria était une préoccupation majeure des pouvoirs publics.Des consultations sont en cours avec les leaders traditionnels encore très influents dans le pays, qui s'étaient par le passé opposés au contrôle des naissances pour des raisons morales et religieuses."Nous espérons qu'avec leur soutien, nous parviendrons à définir une politique qui limite le nombre d'enfants qu'une mère peut avoir, parce que c'est important pour soutenir notre croissance", a-t-elle déclaré.Mme Ahmed a toutefois semblé se rétracter mercredi, ses propos ayant suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.Sur Twitter, elle a précisé que le gouvernement n'était pas en faveur d'un plafonnement des naissances mais plutôt d'un "espacement des naissances"."La croissance exponentielle de la population a été identifiée comme un défi", a-t-elle dit. "Nous n'avons jamais dit que le gouvernement fédéral allait plafonner le nombre de naissances".Première économie d'Afrique, le Nigeria est aussi le pays dont la population croit le plus rapidement, selon le rapport 2017 des Nations unies sur les "Perspectives de la population mondiale". C'est actuellement le septième pays le plus peuplé au monde avec près de 190 millions d'habitants.Mais selon les prévisions de l'ONU sa population devrait dépasser celle des Etats-Unis et grimper au 3e rang mondial d'ici 2050.Ce sujet fait régulièrement débat dans une région où le chômage des jeunes atteint des record, tout comme la violence et le taux de délinquance.Mais les partisans de la limitation des naissances sont minoritaires et rencontrent de vives résistances dans la société nigériane.En 2012, quand l'ex-président Goodluck Jonathan avait déclenché un tollé - aussi bien chez les chrétiens que chez les musulmans - en affirmant que les Nigérians ne devraient pas avoir plus d'enfants que ce que leurs moyens leur permettent pour les élever.ola-sf/phz/cl/dp