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Les enseignants maliens en grève, menacés d'être remplacés par 15.000 contractuels

21 janvier 2020 à 15h48 Par AFP
Les enseignants maliens ont entamé mardi une grève de deux semaines pour réclamer des augmentations de salaire, après l'échec de négociations avec le gouvernement qui menace de recruter 15.000 enseignants actuellement au chômage si le mouvement se prolonge. "La grève est suivie à 100% sur tout le territoire national. Elle se poursuivra jusqu'au 7 février, nous voulons que nos revendications soient prises en compte", a déclaré à l'AFP Adama Fomba, secrétaire général du Syndicat des professeurs de l'enseignement secondaire des collectivité (Sypesco), un des huit syndicats ayant appelé à la grève."La grève est effectivement suivie sur le territoire national", a déclaré à l'AFP un haut responsable du ministère de l'Education, sans donner de précisions sur le taux d'enseignants grévistes.Les syndicats réclament "l'application immédiate" aux enseignants de mesures décidées pour les fonctionnaires, à savoir une augmentation de 20% accordée en janvier 2019 et une seconde de 9% devant entrer en vigueur en janvier 2021, selon M. Fomba.Le Premier ministre, Boubou Cissé, a regretté lors d'une allocution publique dimanche que des négociations avec les syndicats aient échoué la semaine dernière, malgré une mission de bons office associant des chefs traditionnels et religieux. "Il n'y avait pas de raison qu'elles échouent, car nous avons accepté le principe" des augmentations, a-t-il dit, tout en dénonçant des "revendications de dernière minute", alors qu'une grande partie du budget de l'Etat est absorbé par les besoins sécuritaires dans un pays en guerre contre le jihadisme depuis huit ans. M. Cissé a aussi affirmé que son gouvernement allait "procéder à un recrutement exceptionnel de 15.000 enseignants formés dans des IFM" (Instituts de formation des maîtres). "Ils sont qualifiés, ils sont sans emploi et on peut les utiliser sur la base du volontariat. C'est à ceux-là que nous allons faire appel si les enseignants ne retournent pas en classe" dans deux semaines, a-t-il déclaré."Ces propos caractérisent le mépris et la haine que le Premier ministre a toujours manifestés vis-à-vis des enseignants", ont réagi les huit syndicats dans un communiqué conjoint. "Le Premier ministre dit ce qu'il veut. Nous, nous réclamons nos droits, c'est tout", a expliqué mardi un responsable de l'intersyndicale, Oumar Diarra.Les syndicats ont appelé à la tenue d'une "marche nationale" jeudi pour appuyer leurs revendications.