Libye: deux ministères sont toujours bloqués par des miliciens

1er mai 2013 à 10h20 par La rédaction

TRIPOLI (AFP) - (AFP)

Les miliciens qui réclament l'exclusion des collaborateurs de l'ancien régime maintenaient mercredi le blocage imposé aux ministères des Affaires étrangères et de la Justice, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des véhicules équipés de canons anti-aériens et de lance-roquettes cernaient toujours les abords du ministère de la Justice à quelque kilomètres du centre de Tripoli, où la circulation était fluide en ce jour de fête du travail.

Le même dispositif était maintenu également devant le bâtiment du ministère des Affaires étrangères, encerclé depuis dimanche.

"Le siège des ministères des Affaires étrangères et de la Justice se poursuit et sera maintenu jusqu'à ce que nos revendications soient entièrement satisfaites", a répété à l'AFP Aymen Mohamed Aboudeina membre de la Coordination des partisans de l'exclusion politique des anciens collaborateurs de Kadhafi.

Mardi soir, le ministre de la Justice a écarté un recours à la force pour évacuer les protestataires, précisant que le gouvernement préfère "faire prévaloir la sagesse".

Des miliciens qui cernaient depuis dimanche le ministère des Affaires étrangères, ont étendu mardi leur action au ministère de la Justice pour réclamer l'exclusion des anciens collaborateurs du régime Kadhafi.

Le ministère des Finances a été brièvement occupé lundi par les mêmes groupes, tandis que des officiers de police ont envahi à deux reprises dimanche et lundi le ministère de l'Intérieur pour réclamer augmentations de salaires et promotions.

Dimanche, le siège de la télévision nationale libyenne avait été brièvement bloqué par des ex-rebelles qui assuraient la protection du bâtiment.La diffusion de la chaîne n'avait pas été toutefois perturbée.

Débattue à plusieurs reprises au Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique de Libye, la loi sur l'exclusion politique des kadhafistes provoque des remous au sein de la classe politique car elle risque d'écarter plusieurs hauts responsables du pays.

Sous la pression, le CGN a annoncé lundi qu'il suspendait ses séances plénières jusqu'à dimanche, officiellement pour permettre aux blocs politiques de l'Assemblée d'examiner le projet de loi afin d'arriver à un compromis.