Libye: les combattants du nouveau régime marquent une pause sur deux fronts

Par La rédaction

MISRATA (Libye) (AFP) - (AFP)

Les forces du nouveau régime en Libye ont annoncé jeudi une pause dans les combats sur les fronts est et ouest de Syrte, bastion de Mouammar Kadhafi, au lendemain de leur succès dans le sud, invoquant un manque de munitions et leur souci de limiter les pertes civiles.

De son côté, l'Otan a affirmé pouvoir achever sa mission en Libye largement avant l'échéance de son nouveau mandat sur place qui vient d'êre prolongé de trois mois.

"Je suis pleinement confiant dans le fait que nous sommes en mesure d'achever cette mission largement dans le cadre de ce délai", a déclaré le commandant de l'opération, le général canadien Charles Bouchard lors d'une conférence de presse.

Les forces du Conseil national de transition (CNT) ont cessé de combattre dans le secteur de la localité de Soultana, sur le front est de la ville de Syrte (370 km à l'est de Tripoli), qu'ils avaient prise lundi après de violents combats contre les hommes restés fidèles à Mouammar Kadhafi.

"Nous arrêtons le combat pour une semaine.Nous faisons face à un manque de munitions", a affirmé le commandant Moustafa ben Dardef de la brigade qui a avancé de cinq km au-delà de Soultana, à 30 km l'est de Syrte.

Selon lui, l'objectif est de consolider les gains sur le terrain et d'établir "une forte ligne de défense" à Soultana, où des bulldozers ont été utilisés dès mercredi pour creuser des tranchées.

"Nous avons demandé aux autres fronts de cesser le feu pour mieux coordonner notre action, mais nous n'avons pas d'informations sur leurs intentions", a-t-il dit, en prenant avec ses combattants la route de Benghazi, siège du Conseil national de transition plus à l'est.

Les combats devaient également cesser, au moins pour la journée de jeudi, sur un deuxième front, à 50 km à l'ouest de Syrte, ont indiqué à l'AFP des commandants à un point de passage à l'arrière de la ligne de front.

Les responsables ont indiqué qu'ils attendaient de nouvelles frappes de l'Otan destinées à affaiblir les positions des forces pro-Kadhafi.Sur place, la zone a été survolée par des avions, a constaté un correspondant de l'AFP alors que l'Alliance atlantique a indiqué avoir mené des raids jeudi touchant notamment cinq lanceurs de missiles dans les environs de Syrte. 

Entre-temps des dizaines de civils fuyaient les zones sous contrôle des pro-Kadhafi aux alentours de Syrte, ont précisé les militaires au point de passage où les civils se font enregistrés en plus grand nombre que les jours précédents.

"Nous avons tout préparé et nous sommes partis rapidement.Les soldats n'étaient pas prêts", a expliqué à l'AFP, Mohammed ben Sirtya, qui a fui avec sa femme et ses huit enfants.Selon lui, la situation à Syrte est devenue "insupportable", en raison du manque d'électricité et d'eau, ainsi que la difficulté à trouver de la nourriture. "Nous n'avons mangé que des pâtes.Tout le monde se terre chez soi, personne n'ose sortir", a-t-il ajouté.

Mercredi, les forces du nouveau régime ont réussi à prendre le contrôle des villes de Sebha et Waddan.

"Nous contrôlons totalement Sebha.Tout le monde, y compris les pro-Kadhafi, est maintenant avec la révolution", a dit Abdelmajid Seifennasr, responsable local du Conseil national de transition (CNT) libyen."Quelques individus non-organisés essaient de résister".

Sebha, fief des Kadhadfa dans le désert, la tribu de Mouammar Kadhafi, constituait un important objectif des combattants pro-CNT, de même que l'oasis de Djofra, à 300 km plus au nord-est.

La ville de Waddan, dans l'oasis de Djofra, a été "libérée" par les forces du nouveau régime, qui contrôlent désormais environ 70% de la région, selon le responsable local Moustapha el-Houni.L'oasis compte environ 75.000 habitants et regroupe les villes de Waddan, Houn, Sokna et Zila.

A Bani Walid, près d'une semaine après l'assaut lancé contre cette vaste oasis, autre bastion du régime déchu de Mouammar Kadhafi, les forces pro-CNT n'ont enregistré qu'une très petite avancée et déplorent tous les jours des pertes dans leurs rangs.

Les combattants imputent ces difficultés à un manque de coordination et à l'absence d'un commandement unifié pour cette bataille dans le désert à 170 km au sud-est de Tripoli.

Face au désordre général, les pro-Kadhafi ont réussi mercredi à viser une position des combattants du CNT à une quinzaine de km de la ville.Quatre roquettes de type Grad se sont abattues, obligeant les anti-Kadhafi à reculer dans la confusion.

Mouammar Kadhafi, en fuite depuis la chute de Tripoli le 23 août, s'est manifesté mardi dans un nouvel enregistrement sonore diffusé par la chaîne arabe Arraï parlant de "mascarade" en Libye, laissant entendre que le nouveau régime tomberait dès la fin des frappes de l'Otan.