Mozambique: escorte militaire pour les véhicules après plusieurs attaques dans le centre

26 décembre 2019 à 14h55 par AFP

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Le gouvernement mozambicain a annoncé des escortes militaires pour les véhicules se déplaçant dans le centre du pays, à la suite d'attaques dans cette région, bastion de l'ancienne rébellion de la Renamo.

Mardi, des hommes armés ont monté trois embuscades contre des véhicules dans la zone de Chibabava, dans la province de Sofala, sur la route nationale 1, principale voie reliant le nord au sud du pays, selon des sources concordantes. Au moins 10 personnes ont été tuées, a raconté un chauffeur de bus à des médias locaux. Le ministre de l'Intérieur Basilio Monteiro, qui s'est rendu sur place mercredi, a confirmé les attaques mais affirmé qu'elles n'avaient fait aucune victime. "Nous avons décidé de renforcer les escortes le long de la route nationale", a-t-il déclaré, précisant que les militaires seront mobilisés. "Nous sommes sûrs que nous pourrons rétablir la paix. Nous sommes à la poursuite des scélérats", a-t-il assuré.Le gouvernement a accusé l'ex-rébellion de la Renamo, aujourd'hui principal parti d'opposition, d'avoir organisé ces embuscades, ce qu'elle a nié. "La Renamo n'est pas l'auteur de ces attaques", a déclaré jeudi à l'AFP son porte-parole, Said Jose Manteigas.En 2016, la RN1 avait déjà été le théâtre de dizaines d'attaques de la Renamo, selon la police.Les violences de cette semaine interviennent après la validation lundi par la Cour constitutionnelle du Mozambique des résultats des élections générales du 15 octobre. Le président sortant Filipe Nyusi a été réélu pour cinq ans et son parti le Frelimo, au pouvoir depuis l'indépendance du Mozambique en 1975, a retrouvé sa majorité absolue au parlement.Comme le reste de l'opposition, la Renamo, issue de l'ancienne rébellion de la guerre civile (1975-1992), a dénoncé des fraudes électorales. Mais elle a réitéré sa promesse de désarmer ses troupes, conformément à un accord de paix signé en août avec le régime du président Nyusi. Cet accord prévoit, entre autres, la démobilisation de l'aile militaire de la Renamo, qui avait repris les armes en 2013.Une fraction du parti a rejeté ce texte, qualifié de "trahison", et revendiqué, peu avant les élections, des raids armés dans le centre du pays qui ont fait plusieurs victimes civiles.Le chef de la faction dissidente de la Renamo, Mariano Nhongo, a prévenu qu'il n'autoriserait pas le président Nyusi à prêter serment pour un nouveau mandat le 15 janvier 2020. Il n'était pas joignable jeudi pour commenter les dernières attaques sur la RN1. Parallèlement à ces violences dans le centre du pays, l'extrême nord du Mozambique est secoué depuis deux ans par une insurrection islamiste qui a fait plusieurs centaines de morts.