Mozambique: l'opposition annonce un recours contre plusieurs scrutins locaux

Par AFP

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Le principal parti de l'opposition mozambicaine a annoncé dimanche qu'il allait contester devant la justice les résultats des élections dans cinq villes du pays où la victoire a été attribuée à ses yeux frauduleusement au parti au pouvoir.

"Nous allons respecter la loi, nous allons déposer un recours en annulation devant la justice et nous irons jusqu'à la Cour constitutionnelle s'il le faut", a déclaré devant la presse le porte-parole de la Renamo, André Magibire.Les résultats presque complets du scrutin de mercredi attribuent la victoire au Front de libération du Mozambique (Frelimo, au pouvoir) dans 44 des 53 municipalités du pays.Le Renouveau démocratique du Mozambique (Renamo) en a remporté 6 et le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), deuxième parti d'opposition, une seule.Les résultats de deux villes étaient encore attendus dimanche.Le parti au pouvoir contrôlait avant ces élections 49 municipalités, contre 3 à la Renamo et une au MDM.Les recours annoncés par la Renamo concernent Matola, la ville la plus peuplée du pays qui jouxte la capitale Maputo, la cité charbonnière de Moatize (centre), et les trois cités de moindre importance de Monapo, Marromeu et Alto Molocue.Ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992), la Renamo a repris les armes en 2013 pour dénoncer la mainmise du Frelimo sur le pays, qu'il dirige depuis son indépendance en 1975.Son chef historique, Afonso Dhlakama, décédé en mai, avait toutefois repris le fil du dialogue avec le président Filipe Nyusi.Deux accords ont été récemment trouvés entre les deux camps sur la décentralisation des pouvoirs dans les provinces et l'intégration des combattants de l'aile armée de la Renamo dans l'armée et la police du pays.Mais les relations entre Frelimo et Renamo sont restées tendues, ainsi que l'attestent les incidents violents survenus entre leurs partisans tout au long de la campagne électorale.Samedi, le chef de la Renamo Mossufo Momade avait menacé devant la presse de claquer la porte des discussions de paix "si le vote populaire n'est pas respecté"."Ce chantage politique doit cesser", lui a répondu dimanche le porte-parole du Frelimo, Caifadine Manasse. "Nous acceptons les résultats, nous tenterons de reprendre les mairies perdues lors des prochaines élections", a-t-il ajouté sur la radio nationale.