Naufrage d'un bateau transportant des déplacés au Mozambique

Par AFP

AFRICA RADIO

Un bateau transportant des personnes fuyant les violences au nord du Mozambique s'est abîmé au large de Cabo Delgado, province en proie à une insurrection jihadiste, ont affirmé mardi auprès de l'AFP des secouristes.

Le bilan officiel n'a pas encore été établi. Selon un témoin, le bateau transportait quelque 70 passagers, dont seulement une vingtaine ont survécu."Une survivante a déclaré qu'elle avait perdu son fils de onze ans dans le naufrage et que le corps n'a pas encore été retrouvé", a déclaré à l'AFP un volontaire venu au secours des réfugiés.Le naufrage s'est produit jeudi mais n'a été connu que lorsque des survivants ont été retrouvés lundi sur la plage de Pemba, chef-lieu de la province de Cabo Delgado, a expliqué un autre bénévole.Zone stratégique riche en gaz naturel, la région est ravagée depuis trois ans par une sanglante insurrection jihadiste qui a fait au moins 2.100 victimes, selon l'ONG ACLED présente sur le terrain, et plus de 435.000 déplacés selon le gouvernement.Contactée par l'AFP, la police locale n'a pas confirmé l'incident.Le nombre de déplacés au Mozambique a augmenté de manière exponentielle ces deux dernières années en raison des violences dans le nord.Selon la population locale, des bateaux de pêche ont été reconvertis en embarcations pour transporter, souvent au-delà de leur capacité, ceux qui fuient les combats.Environ 100.000 déplacés ont à ce jour trouvé refuge à Pemba et dans les environs, hébergés dans des écoles ou par des familles d'accueil, augmentant d'un tiers la population de la ville, selon l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) mardi dans un communiqué."Ils arrivent déshydratés. Des femmes ont accouché en mer", affirme l'ONG. Au cours du seul mois d'octobre, 20.000 personnes sont arrivées et d'autres sont en chemin, alerte-t-elle.Désignés localement sous le nom de "al-Shabab" (les jeunes, en arabe), les insurgés ont prêté allégeance au groupe Etat islamique en 2019. Ils ont revendiqué plus de 600 attaques depuis trois ans, selon ACLED.