Nigeria: affrontements et nouvelles explosions dans une ville du nord

Par La rédaction

KANO (Nigeria) (AFP) - (AFP)

De nouvelles explosions et des tirs ont retenti vendredi à Damaturu, dans le nord du Nigeria, où les forces de l'ordre tentaient de maîtriser des membres présumés de la secte islamiste Boko Haram, au lendemain de violences qui ont fait six morts.

Des habitants ont déclaré avoir vu des camions transportant des soldats arriver dans cette ville de l'Etat de Yobe, et affirmé que les autorités leur avaient donné 30 minutes pour évacuer le quartier de Pompomari.Certains ont trouvé refuge dans la mosquée centrale de Damaturu.

"Nos hommes ont combattu les membres de Boko Haram", a déclaré à l'AFP le chef de la police de Yobe, Lawan Tanko.

"Nos hommes ont tenté de rentrer dans la maison qu'ils utilisent comme planque, afin d'y désactiver des explosifs, mais ils font face à une résistance de la part des éléments de Boko Haram qui font sauter des explosifs et tirent", a-t-il poursuivi.

Un résident a affirmé que tous les habitants de Pompomari avaient fui.

"Nous avons tous fui nos domiciles", a-t-il déclaré par téléphone à l'AFP, ajoutant se trouver à la mosquée.

"Les soldats nous ont donné 30 minutes pour évacuer, ils étaient sur le point de lancer une offensive contre les membres de Boko Haram", a poursuivi ce témoin.

Des violences ont éclaté à Damaturu jeudi, ainsi que dans deux autres villes septentrionales, Potiskum (Etat de Yobe) et Maiduguri (Etat voisin de Borno), faisant six morts, selon les secours et une source médicale.

"Selon les informations que je reçois de Potiskum cinq personnes ont été tuées au cours d'attaques la nuit dernière, quatre policiers et un civil", a indiqué vendredi matin Ibrahim Farinloye, coordinateur pour le Nord-est de l'agence nationale pour les interventions d'urgence.

Jeudi une source hospitalière à Damaturu avait annoncé qu'un soldat avait été tué et sept policiers blessés par balles.Cette source avait ajouté qu'un garçon de dix ans avait également été touché et était soigné à l'hôpital.

M. Tanko avait indiqué jeudi soir que des personnes soupçonnées d'appartenir à Boko Haram avaient lancé des bombes et tiré à Damaturu.Il avait ajouté qu'une église et une voiture de patrouille avait été brûlées, et que les assaillants avaient été repoussés vers Potiskum.

Un porte-parole militaire à Maiduguri a indiqué que plusieurs explosions avaient secoué la ville jeudi, sans fournir plus de précisions.Une source militaire avait fait état de six déflagrations.

Maiduguri est la ville la plus touchée par les violences récurrentes imputées à Boko Haram.

Cette secte s'est attribuée la responsabilité de nombreuses attaques dans le nord majoritairement musulman du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 160 millions d'habitants et dont le sud est à dominante chrétienne.

Elle a revendiqué l'attentat suicide d'août contre le siège des Nations unies à Abuja qui avait fait 24 morts.