Nigeria: au moins deux civils tués dans une attaque jihadiste

24 décembre 2019 à 11h55 par AFP

AFRICA RADIO

Au moins deux civils ont été tués et 13 autres blessés lors d'une attaque jihadiste contre une position militaire dans le nord-est du Nigeria, selon un porte-parole du gouvernement local et des habitants mardi.

Des combattants du groupe de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), à bord de 14 camions, ont attaqué lundi soir un poste de contrôle militaire aux abords de la ville de Biu, à 180 km de la capitale de l'Etat du Borno, Maiduguri. L'attaque a conduit à un vif échange de coups de feu qui a duré deux heures, au niveau du village de Maina Hari. "Deux personnes sont mortes", a expliqué un porte-parole du gouvernement du Borno, Bulama Talba, qui s'est rendu à l'hôpital général de Biu où les blessés étaient soignés mardi. "Treize personnes ont subi divers degrés de blessures après avoir reçu des balles perdues alors qu'elles tentaient de s'échapper", a déclaré M. Talba dans un communiqué. Des habitants ont quant à eux affirmé que trois personnes de la même famille avaient été tuées durant l'attaque, lorsqu'une roquette avait touché leur maison. "Deux RPG (lance-roquettes) ont frappé deux maisons, tuant trois personnes dans l'une et endommageant gravement l'autre", a déclaré Ahmad Babagana, un habitant de Biu. Zakari Tico, un autre habitant qui s'est rendu mardi à Maina Hari, a confirmé ce bilan. Les jihadistes ont finalement battu en retraite après des combats intenses et avoir brûlé un véhicule blindé de transport de troupes, a affirmé à l'AFP un milicien engagé dans la lutte contre les jihadistes, Mustapha Karimbe. Dimanche, des dizaines de combattants d'ISWAP avaient tenté en vain de s'emparer de la ville de Damaturu, dans l'Etat voisin de Yobe. Des troupes aidées par des avions de combat les ont repoussés après d'intenses combats au cours desquels plusieurs jihadistes, dont un commandant, ont été tués, selon des sources sécuritaires et civiles. L'ISWAP a intensifié ces dernières semaines ses attaques meurtrières dans le Nord-Est, ciblant des soldats et montant de faux check-points, tuant et enlevant des civils. Mardi, les Nations unies ont condamné "la pratique croissante des groupes armés de mettre en place des postes de contrôle ciblant les civils" dans le Nord-Est. Le conflit armé qui s'est propagé au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins a fait selon les derniers chiffres de l'ONU plus de 36.000 morts et deux millions de déplacés au seul Nigeria, provoquant une crise humanitaire majeure dans la région.