Ouganda: des milices menacent de perturber les élections

Par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Au moins neuf milices mises en place par des partis politiques ou des candidats menacent le bon déroulement des élections générales et présidentielle du 18 février en Ouganda, a averti mercredi le chef de la commission électorale.

"Certains partis politiques et candidats ont organisé des milices sous prétexte de surveiller le processus électoral", a déclaré Badru Kiggundu lors d'une réunion d'information à la presse et au corps diplomatique.

"Les brigades suivantes et leurs dirigeants sont prévenus", a-t-il ajouté, avant de nommer les neuf groupes désireux selon lui "de perturber le calme régnant sur la campagne électorale".

M. Kiggundu n'a pas fait de commentaires sur les affiliations politiques de ces milices mais deux d'entre elles sont rattachées depuis plusieurs années dans des rapports indépendants au Mouvement de résistance nationale (NRM), le parti au pouvoir.

Les "Escadrons Kiboko" (bâtons), citées par M. Kiggundu, ont ainsi molesté le principal candidat de l'opposition Kizza Besigye lors d'un meeting à Kampala en juin dernier.

Les "Black Mambas", également sur la liste de Kiggundu, avaient pris d'assaut en 2007 la Haute cour de Kampala et violenté un juge qui venait d'ordonner la remise en liberté de sept hommes accusés de trahison pour leur appartenance présumée à l'Armée de rédemption du peuple, un groupe rebelle accusé alors de soutenir M. Besigye.

Le chef de la police Kale Kayihura a pour sa part, lors de la même réunion, averti que la menace terroriste demeurait toujours élevée à l'approche de ces élections.

"Ces menaces terroristes sont directement liées à cette période" de fin de campagne électorale, a-t-il déclaré.

Un double attentat avait fait 76 morts à Kampala, le soir de la finale de la Coupe du monde de football le 11 juillet dernier, revendiqué par les islamistes radicaux somaliens shebab en représailles à l'implication majeure de l'armée ougandaise dans la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Par ailleurs, M. Kiggundu a annoncé mercredi que 13.954.129 électeurs étaient enregistrés sur les listes électorales.Les principaux leaders de l'opposition n'ont de cesse d'affirmer, scrutin après scrutin, que ces listes sont artificiellement gonflées en faveur du parti au pouvoir.