Ouganda: le double attentat de Kampala a fait 64 morts

12 juillet 2010 à 4h03 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Le double attentat de Kampala qui a frappé deux restaurants dimanche soir a fait au moins 64 morts et 65 blessés, a annoncé lundi une porte-parole de la police ougandaise.

"Nous avons 64 tués et 65 blessés.Les nationalités des victimes seront communiquées plus tard", a déclaré Judith Nabakooba à l'AFP.

Les deux bombes ont explosé dans un restaurant éthiopien du sud de la capitale ougandaise et dans un club de rugby de l'est de la ville, où à chaque fois des gens s'étaient réunis en nombre pour regarder à la télévision la finale de la Coupe du monde de football Espagne-Pays-Bas.

Un ressortissant américain fait partie des tués, a indiqué l'ambassade américaine à Kampala.

Le chef de la police ougandaise, Kale Kayihura, a lié ce double attentat aux menaces récentes des insurgés islamistes Shebab en Somalie de s'en prendre à l'Ouganda et au Burundi, les deux pays qui contribuent à une force de paix de l'Union Africaine en Somalie (Amisom).

Cette force de paix, qui a pour mission de protéger le très fragile gouvernement provisoire en place à Mogadiscio, est considérée comme une force d'occupation par les Shebab, qui contrôlent la plus grande partie de la Somalie.

Les Shebab ont fait voeu d'allégeance à Al-Qaïda.

"Vous savez, il y a eu des déclarations de la part des Shebab et d'Al-Qaïda.Le terrorisme est une menace de nos jours.Vous connaissez la région où nous sommes et notre engagement en Somalie", a déclaré M. Kayihura dans la nuit de dimanche à lundi.

Le 5 juillet, le chef des Shebab, Ahmed Abdi Godane, avait appelé les Somaliens à s'unir pour chasser de Somalie l'Amisom, accusant ses troupes, composées à parts égales de soldats burundais et ougandais, d'être responsables de la mort de nombreux civils à Mogadiscio.

Le même jour, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), qui regroupe six pays d'Afrique de l'Est, avait décidé, lors d'un sommet extraordinaire à Addis Abeba, de déployer rapidement 2.000 hommes supplémentaires au sein de l'Amisom, pour porter la force à 8.100 soldats, soit les effectifs initialement prévus lors de sa création.