Présidentielle au Rwanda: triomphe annoncé pour le président Paul Kagame

Par La rédaction

KIGALI (AFP)

Le Rwanda se préparait mardi à célébrer le triomphe annoncé du chef de l'Etat sortant Paul Kagame à l'élection présidentielle de lundi, les premiers résultats partiels promettant une victoire écrasante avec plus de 92% des voix.

Toute la nuit, des dizaines de milliers de partisans du président Kagame et militants du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) ont fêté l'élection au grand stade de football Amahoro de Kigali, au son des chants du parti et des tubes diffusés par les DJ.

Les premiers résultats partiels, annoncés vers 04H00 locales par le président de la commission électorale Chrysologue Karangwa, donnaient 92,9% des votes au chef de l'Etat, et ont été salués dans le stade par une foule en liesse.

A la tête de ce petit pays d'Afrique centrale depuis qu'il a mis un terme au génocide des Tutsi en juillet 1994, Paul Kagame, sans véritable opposition et grandissime favori du scrutin, sollicitait un nouveau mandat de sept ans, après une première élection triomphale en 2003 avec 95% des voix.

Présent au stade, le président Kagame a fêté sa victoire en dansant jusqu'à l'aube avec sa famille dans sa loge."C'est la victoire du peuple du Rwanda", a-t-il lancé.

"Je veux vous remercier d'avoir fait le bon choix et d'avoir attendu jusqu'à maintenant", a-t-il ajouté, attendant "la suite des résultats" pour mardi matin.

D'autres résultats partiels, annoncés sur écran géant, et concernant les votes des Rwandais à l'étranger, ont donné 96,7% des voix au président sortant, déclenchant des scènes de liesse dans la foule.

"Ca sent la victoire !", a lancé de la scène un des chanteurs.

Le score le plus élevé parmi les rivaux du président est celui, avec 4,9% des voix, de Jean Damascene Ntawukuriryayo, du parti social démocrate (PSD), selon la commission électorale.

Pour cette deuxième présidentielle depuis le génocide, le "chairman" du FPR, l'ex-rébellion tutsi qui contrôle tous les échelons de la vie politique, affrontait trois candidats qui l'avaient soutenu en 2003.

Trois partis récemment apparus, dont deux non reconnus par les autorités, étaient de facto exclus du vote.Ils ont dénoncé une "farce électorale" et qualifié les trois rivaux de M. Kagame de candidats fantoches.

Très bien organisé, le scrutin de lundi s'est déroulé sans incident notable, à Kigali comme en province, avec une "impressionnante" mobilisation des 5,2 millions d'électeurs, s'est félicitée la commission électorale.

Les Rwandais, fidèles à leur réputation de discipline et d'efficacité, se sont rendus dès l'aube dans les bureaux de vote, patientant calmement dans l'ordre pour mettre leur bulletin dans l'urne.

"D'une certaine façon, le bon déroulement du scrutin n'est pas une surprise", a commenté Carina Tertsakian, chercheuse de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

"Aucun des challengers de Kagame ne constituaient une menace, et les véritables opposants ont été empêchés de se présenter", a commenté Mme Tertsakian, dont le visa rwandais n'a pas été renouvelé en avril dernier.

De nets signes de tension sont apparus dans les mois précédent le scrutin, avec une vague d'attaques à la grenade à Kigali, des fractures au sein de l'élite tutsi anglophone du FPR, ainsi qu'"une répression politique croissante (de l'opposition) et un étranglement de la liberté d'expression", selon HRW.

Tout au long de la campagne, qui elle s'est déroulée sans incident, le candidat Kagame, a mis en avant les incontestables progrès socio-économiques du Rwanda depuis 16 ans, promettant de "poursuivre la bataille pour le développement", et a balayé avec mépris les critiques des "étrangers".

Avec ce nouveau raz-de-marée électoral, celui qui promettait la veille du scrutin "de faire ses valises" en cas de vote sanction des électeurs, va donc entamer son second et dernier mandat selon la Constitution rwandaise.